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« Rocks » de Sarah Gavron : aperçu d’une jeunesse désœuvrée

« Rocks » de Sarah Gavron : aperçu d’une jeunesse désœuvrée

09 septembre 2020 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Dernier film de Sarah Gavron, Rocks se met à hauteur d’ado pour raconter l’histoire d’une jeune fille soudainement livrée à elle-même, aidée de sa bande de copines. En salles le 9 septembre. 

Shola est une jeune anglaise qui habite dans la banlieue londonienne avec sa mère et son petit frère Emmanuel. Elle rêve de devenir maquilleuse et ses copines la surnomme « Rocks » car lorsque sa meilleure amie se faisait harcelée, elle la défendait corps et âme sans jamais rien lâcher. Mais un jour, sa mère quitte subitement le foyer. Prétextant un besoin de changer d’air, elle laisse ses enfants derrière elle. Rocks comprend alors qu’il va falloir de nouveau de la force pour la bataille qui s’annonce : à tous prix éviter les services sociaux. 

La première image du film donne déjà un cadre : une bandes de copines accoudées sur une rambarde, elles sont sur le toit d’un immeuble du quartier, c’est leur repère, là où elles traînent ensemble. Elles regardent la skyline de Londres au loin, bien loin de là où elles sont. Que sa mère l’a abandonnée, Rocks ne veut pas que cela se sache. Elle a d’abord honte, persuadée qu’elle est une bonne mère, qu’elle va revenir. Puis surtout, les services sociaux vont l’apprendre, ils vont l’emmener chez des inconnus, la séparer de son frère, et ça, ce n’est pas envisageable. Alors non, personne ne doit savoir. Personne, à part ses meilleures amies bien sûr, chez qui elle va pouvoir trouver refuge, pour avoir un toit sous lequel dormir, mais pour se sentir entourée d’un semblant de famille. 

Pour ce film, Sarah Gavron se positionne à l’échelle d’une bande d’adolescente, accordant peu de place aux personnages adultes pour donner la véritable sensation de solitude de Rocks, livrée à elle-même avec son petit frère. Montage simple, cadrage rapproché, tout donne cette impression de concret, à deux doigts du documentaire. Et si on a cet effet, c’est aussi parce que les filles qui jouent n’étaient pas actrices. Repérées dans un collège de Londres, elles sont vraiment copines dans la vie et ça se sent. Sarah Gavron, que l’on connaissait pour Les Suffragettes sorti en 2015, film historique avec un casting de renom, change de registre, et c’est réussi. 

 

 

Rocks de Sarah Gavron, 2019. Avec Bukky Bakray, Kosar Ali, D’angelou Osei Kissiedu. 1h33. En salles le 9 septembre. 

Visuel : Affiche du film 

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Alice Martinot-Lagarde

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