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[Quinzaine des Réalisateurs] « A Perfect Day », une comédie dramatique surprenante

[Quinzaine des Réalisateurs] « A Perfect Day », une comédie dramatique surprenante

17 mai 2015 | PAR Hugo Saadi

A Perfect Day est le premier film au casting international et tourné en langue anglaise pour Fernando Leon de Aranoa. Il se prend au jeu des conventions de Genève en temps de guerre pour disséminer dans son film, des blagues et des piques qui font de A Perfect Day, un drame pas banal.

[rating=3]

1995, quelque part dans les Balkans. Une ONG humanitaire effectue des missions pour venir en aide à la population désarçonnée face au conflit qui dure. Ironiquement, le titre de film A Perfect Day annonce la couleur : une journée parfaite (de galère). Elle commence par la découverte du corps d’un homme dans un puits qu’ils sont censés évacuer pour éviter toute contamination. Or, sans corde ils ne pourront pas aller bien loin dans cette tâche. C’est donc parti pour deux heures de quête de corde dans les Balkans, entre checkpoints, vaches minées et base de l’ONU.

Le contexte géopolitique du film aurait pu laisser penser que le genre de prédilection était un drame poignant et tire-larmes. Rien de tout cela, Fernando Leon de Aranoa prend tout le monde à contrepied par son traitement très décalé de la situation où les répliques comiques fusent. Le tempo avait été donné dans l’ouverture du film par le résumé que fait un habitant de sa région : « la région est réputée pour son yaourt et son humour ». Malgré cette volonté de sortir des sentiers battus, le réalisateur espagnol souhaite tout de même s’attarder de façon dramatique sur le sujet de la guerre des Balkans. Là réside tout le problème, A Perfect Day ne sait jamais véritablement sur quel pied danser. Le spectateur fait souvent le grand écart entre une situation dramatique et un humour omniprésent, le décalage est osé, mais pas toujours très subtil. Les dialogues sans grand intérêt s’éternisent et ne font pas avancer l’intrigue.

Quelques épisodes comiques et des blagues de mauvais goût qui font rire jaune, ce sont ce que l’on retient principalement du film de Aranoa qui aurait pu gagner en sérieux sans une bande originale piochant trop souvent dans la musique rock. Déconnectant intégralement du sujet, les excès de guitare laissent circonspect le spectateur à maintes reprises. Et ce ne sont pas les petites mélodies tragique et pathos qui viennent tempérer l’ensemble. Enfin, le réalisateur de 46 ans use et abuse des plans aériens (très agréable certes) dans ce décor naturel sublime. Il faudra tout de même reconnaitre au film son rythme très bien calibré, ne laissant jamais aux spectateurs le temps de s’ennuyer. Le casting très hétéroclite en est à la première raison. Benicio Del Toro en grand charmeur, Tim Robbins en fou furieux, Melanie Thierry en jeune française prête à tout et enfin Olga Kurylenko pour la touche sexy du film.

Retrouvez tous nos articles sur le 68ème festival de Cannes dans notre dossier Cannes 2015.

A Perfect Day, un film de Fernando León de Aranoa avec Tim Robbins, Olga Kurylenko, Mélanie Thierry, Fedja Stukan, Benicio Del Toro. Drame espagnol. 1h45.

Visuels © Universal Pictures

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Hugo Saadi

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