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« Poissonsexe » : l’amour en temps de fin des espèces par Olivier Babinet

« Poissonsexe » : l’amour en temps de fin des espèces par Olivier Babinet

21 août 2020 | PAR Yaël Hirsch

Le réalisateur de Swagger (lire notre article)  Olivier Babinet est de retour dès le 2 septembre sur nos écrans avec une comédie romantique assez unique où l’enjeu de la tendresse est la survie des espèces. Porté par Gustav Kervern et India Hair Poissonsexe est drôle, touchant et poétique. 

Dans une ville des confins de la France, alors qu’une des dernières baleines du monde  menace de s’échouer et mourir sur le rivage, Daniel (Kervern, cœur d’artichaut tout à fait émouvant) est scientifique et travaille sur des espèces désormais disparues : les poissons. Avec son équipe, ils retrouvent deux petits poissons des deux sexes et tentent de sauver l’espèce et le genre par une fécondation in vitro. Au même moment, l’indépendante Lucie (India Hair) arrive de Paris, travaille à la station-service et porte des colis dans tout le village en lisant Ainsi parlait Zarathoustra. A priori sans descendance mais avec pas mal d’angoisse du côté des aïeux, les deux personnages se rencontrent et trouvent un petit être primitif entre mollusque et poisson. Il l’appellent Nietzsche et le regardent évoluer quand les espèces du monde tombent comme des mouches… 

Jouant avec les codes de plusieurs genres dont le film de fin du monde et la comédie romantique, Olivier Babinet rend beau et très émouvant un couple a priori improbable d’acteurs géniaux : India Hair et Gustav Kervern. Sa photo magnétique, la poésie du fantastique lié au scientifique et la profondeur un peu « lonesome cowboy » des personnages sont autant d’éléments uniques qui rendent le film puissant. Dernier atout de ce film follement original : l’on rit beaucoup, des personnages et avec eux, dans un Poissonsexe finalement très prude où l’émotion et l’angoisse de la disparition ont presque complètement enseveli le désir mais pas la pulsion de vie. L’angoisse de la fin des espèces se transmet, peut-être mieux encore qu’avec un documentaire et l’on se laisse complètement happer par l’univers d’Olivier Babinet. A voir sur grand écran, donc, dès le 2 septembre.

Poissonsexe, d’Olivier Babinet, avec : Gustave Kervern, India Hair, Ellen Dorrit Petersen, Jean-Benoit Ugeux, Sofian Khammes, Alexis Manenti, France, Rezo Films, 1h29, sortie le 2 septembre.

visuel : affiche du film (c) Rezo

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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