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La vie d’Adèle : Abdellatif Kechiche oscille entre le grotesque et le magnifique

La vie d’Adèle : Abdellatif Kechiche oscille entre le grotesque et le magnifique

12 octobre 2013 | PAR Juliette Hebbinckuys

 

 

 

Tout le monde attendait sa sortie depuis mai et sa récompense au festival de Cannes : « La vie d’Adèle » est désormais en salle depuis mercredi. C’est donc l’occasion d’enfin découvrir cette fameuse Palme d’Or dont on a tant parlé, et pas uniquement pour les bonnes raisons… Mais en oubliant la polémique post-tournage entre le réalisateur et ses actrices, il n’en reste pas moins que ce film risque d’alimenter encore les conversations. Chef d’œuvre pour les uns, plat et vide de sens pour d’autres, difficile de trouver une juste mesure chez Kechiche !

[rating=3]

Adèle est une jeune fille de 15 ans, issue d’un milieu modeste, qui découvre progressivement la vie. Elle va au lycée, mange des spaghettis avec ses parents et voudrait devenir institutrice. Elle se cherche, et finit par se trouver quand elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus dont elle va tomber amoureuse. S’ensuit une histoire d’amour passionnée, vitale même, dont ni l’une ni l’autre ne peut ressortir indemne. On accompagne Adèle dans les moments clés de son passage de l’enfance à l’âge adulte, entre joie et désillusion, amour charnel et pression sociale.

Une fois n’est pas coutume, Abdellatif Kechiche aura permis de mettre en lumière une nouvelle venue sur la scène du cinéma français : Adèle Exarchopoulos. Après Sara Forestier ou Hafsia Herzi, il offre à sa comédienne la possibilité d’une porte grande ouverte vers le César du meilleur espoir féminin. Si son talent est indéniable, et sa prestation remarquable, force est de constater que le réalisateur de « L’esquive » ne connait pas vraiment de mesure. S’il doit filmer la bouche d’Adèle, alors nous la verrons pendant tout le film. Adèle qui dort la bouche ouverte, Adèle qui mange la bouche ouverte, Adèle qui lèche son couteau, Adèle qui embrasse une bouche, un sein, ou autre chose encore. Les scènes de sexe, crues, longues et répétitives, dénaturent un peu le propos de son auteur. On parle d’amour, certes, mais quand le seul amour qui existe entre ses protagonistes se retrouve être ces mêmes scènes de sexe, on est en droit de se demander ce qui relie ces deux jeunes femmes.

Si la différence sociale d’Emma et d’Adèle est abordée de manière assez intelligente (les diners dans chacune des familles, la soirée organisée chez elles avec les amis d’Emma), on regrette les impressions de déjà vu au lycée à relire du Marivaux, les scènes à table interminables, les gros plans encore et toujours. Tant de longueurs qui font de ce film un mastodonte de 2h59, quand il aurait pu être un chef d’œuvre d’1h30. On retiendra quelques belles scènes (notamment la rupture), et une mise en scène sans concession. Mais de là à imaginer une Palme d’Or ?

La vie d’Adèle – chapitres 1 et 2 de Abdellatif Kechiche, avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos. France, 2013, 2h59, sortie le 9 octobre

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