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[La Quinzaine] « Dope » de Rick Famuyiwa, petit brûlot punchy sur la méritocratie à l’américaine

[La Quinzaine] « Dope » de Rick Famuyiwa, petit brûlot punchy sur la méritocratie à l’américaine

22 mai 2015 | PAR Olivia Leboyer

Présenté à Sundance, produit par Forest Whitaker, Dope se présente comme un teenage movie astucieux : l’esprit des nineties  y est, avec ses couleurs vives et son optimisme un peu crispant. Précisément, ce sont ces codes, ces étiquettes que Rick Famuyiwa interroge ici. La Quinzaine se clôt sur un petit film plein d’énergie et de défauts, mais assez charmant.

[rating=3]

Malcolm, jeune « nigger » de Californie, déteste qu’on lui colle des étiquettes toutes faites. Fan des années 1990 et de l’esprit hip hop, il aime des trucs de Blancs, porte des chemises bigarrées et désire, avant tout, intégrer une fac prestigieuse. L’American dream à la portée de tous sauf que, pour remplir un dossier de candidature, même en Amérique, il faut cocher des cases. Avec obstination et énergie, le jeune homme va s’appliquer à dynamiter les stéréotypes.

A la veille d’un entretien crucial pour ses chances universitaires, Malcolm se retrouve embarqué dans une histoire délirante de trafic de drogue. Ajoutez à cela deux copains geeks, un coup de foudre et quelques créations de hip hop, et vous obtenez un cocktail dosé au milligramme près pour plaire et émouvoir. Un peu trop dosé, car les tics de réalisation (arrêts sur images, voix off) agacent parfois, tout comme quelques rebondissements convenus. Certes, le côté vintage est voulu et participe au comique du film… Et le charme du jeune acteur (Shameik Moore), regard candide et sourire timide, nous conquiert naturellement. Et la réflexion sur le système scolaire, absolument indispensable aujourd’hui, est loin d’être bête. Vers la fin du film, la lecture de la lettre de motivation de Malcolm a suscité une salve d’applaudissements dans la salle cannoise. Alors, pour ces pistes sur la méritocratie, le droit à l’indifférence et les clivages sociaux, Dope vaut le détour.

Dope, de Rick Famuyiwa, Etats-Unis, 1h45, avec Shameik Moore, Tony Revolori, Kiersey Clemons, Kimberly Elise, Chanel Ima Blake Anderson, Zoë Kravitz, A$AP Rocky. Sélection La Quinzaine.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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