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La Belle vie : cavale d’amour dans une Loire magnifique

La Belle vie : cavale d’amour dans une Loire magnifique

22 mars 2014 | PAR Yaël Hirsch

 

Présente au festival Premiers plans d’Angers cette année, La Belle vie est le premier long métrage de Jean Denizot. Inspirée de l’Affaire Fortin, ce père qui avait disparu 11 ans avec ses deux fils et avait été retrouvé par la justice en 2009, Le Belle vie est à la fois une ode à la Loire et une belle éducation sentimentale. En salles le 9 avril 2014.

[rating=4]
Yves (Nicolas Bouchaud) vit en secret avec ses deux fils : Pierre (Jules Pelissier) et Sylvain (Zacharie Chasseriaud), 18 et 16 ans. Cela fait onze ans qu’il les a « enlevés » pour une vie de planque, de bohême et de clandestinité non dénuée d’amour. Si le visage du père est trop connu, les garçons sortent parfois, courent, rencontrent des filles… Alors que l’aîné décroche et trouve un vrai boulot en ville, Yves et Sylvain échappent in extremis aux policiers et vivent la dernière étape de leur échappée belle dans une barque sur une île au cœur de la Loire. Parti à la pêche, Sylvain rencontre la ravissante Gilda (Ségolène Rigaud qu’on avait repérée dans Lulu femme nue de Solveig Anspach) qui est une sorte de détonateur.

Inspiré par A bout de course de Sidney Lumet, Jean Denizot se plonge dans les paysages sancerrois de son enfance pour proposer un film au rythme maîtrisé et aussi élégant que sensible. L’intrigue est resserrée sur la dernière étape de ce ravissement des enfants par leur père, et tout dans leur relation laisse voir qu’ils vont le défendre bec et ongle au procès. C’est l’amour, le respect et les valeurs qui sont au cœur du film, non le fait divers. Baignée de musique folk (dont les Moriarty), fêtant le rapport père-fils dans une nature sauvage, vantant les « mecs bien » cette Belle vie n’est pas sans rappeler, en version frenchie, le Mud ou le Shotgun Stores de Jeff Nichols. Un beau film, sublimé par la photo de Elin Kirschfink.

La Belle vie, de Jean Denizot, avec Nicolas Bouchaud, Zacharie Chasseriau, Ségolène Rigaud, Jules Pelissier et la participation de Maya Sansa et Jean-Philippe Ecoffey, France, 2013, 1h33. Chrysalis Films. Sortie le 9 avril 2014.


Visuel : photo officielle du film.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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