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« Irvin Yalom », restons assis

« Irvin Yalom », restons assis

15 mai 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Irvin Yalom, sous titre : La thérapie du bonheur pour la version française. On lui préférera son titre anglais, Yalom’s cure, car ce dont il est question ici, encore plus que la biographie de l’auteur à succès de Et Nietzsche a pleuré, c’est des particularismes de la psychologie américaine.

[rating=4]

S’allonger selon la méthode Freud n’est pas dans l’esprit du psychanalyste californien. Issu d’une famille juive qui a fuit en 1920 l’antisémitisme en Europe de l’est, l’homme l’avoue dès le début du film : il lui manque des racines. Il s’est construit seul, étudiant de A à Z les livres de la bibliothèque de Washington pour se protéger des milices racistes qui traînent en ville. C’est contre tout qu’Irvin se bat. Contre les restrictions qui voient le nombre de Juifs autorisés à faire médecine être réduit à peau de chagrin. Il réussit, malgré tout. Brillamment même. Et il devient l’une des référence les plus célèbre à travers le monde de thérapie de groupe.

Yalom’s cure est un pur documentaire qui mêle interview de l’intéressé et images d’archives.L’apport génial de ce film est d’être voyeur. Nous entrons dans la thérapie. Dans son très joli bureau situé à Palo Alto, là où tant de praticiens écoutent. Nous voyons Yalom opérer son écoute trés entrecoupée de parole. Ici, le silence ne règne pas. C’est en face à face ou au centre d’un groupe qu’il rend la parole fluide. L’approche plus comportementaliste qu’analytique déconcertera les lacaniens purs.  Mais le prendre pour un adepte des TCC est une erreur.  Il le dit « La psychoterapie ne doit pas être réduite au cognitivisme et au béhaviorisme ». Reste qu’il est l’un des pionniers en matière de légitimation des mots des malades en phase terminale.

La caméra de Sabine Gisiger a beau glisser dans le mélo en faisant intervenir dans le film la femme et les enfants d’Irvin, le documentaire apparaît comme un apport essentiel à l’histoire de la psychothérapie. Il est si rare de voir des biographie centrés sur la figure du psy en dehors du champs universitaire que cela est à saluer.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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