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« Holy Lands », bromance en Terre sacrée

« Holy Lands », bromance en Terre sacrée

15 janvier 2019 | PAR La Rédaction

L’adaptation du roman d’Amanda Sthers, une prolifique auteure et réalisatrice française, est une histoire d’amitié inattendue en Israël, doublée d’une analyse des relations familiales. Une ballade pas toujours tranquille menée par James Caan, Rosanna Arquette et Tom Hollander.

Par  Mélanie Tillement

Le film démarre directement à Nazareth, une ville baignée de lumière où peuvent à tout instant résonner les sirènes d’alarmes. Cet écrin à la fois solaire et dangereux sert à merveille l’ambivalence des personnages de l’intrigue, dont les caractères oscillent entre humour et vacheries.
Car voilà que le spectateur découvre bientôt que cette Terre Sainte ne sera pas la seule à apparaître à l’écran, les membres de la famille sur laquelle porte le film étant disséminés aux quatre vents : la mère, Monica, fréquente un docteur français à New York ; la fille, Annabelle, est une étudiante de 34 ans qui vit à Bruxelles aux crochets de ses parents ; le fils, David, est un metteur en scène de théâtre new-yorkais. Finalement, il n’y a que le père, Harry, qui réside en Israël où il élève seul des porcs dans une ferme. Ce dernier est un homme bougon dont les seules marques d’affection visibles sont destinées à un de ses porcelets, malicieusement surnommé Judas. L’installation de ce monsieur et de ses bêtes n’est ni vue d’un très bon œil par le Rabbin Moshe Cattan, ni par le prêtre catholique de Nazareth, mais pour deux raisons différentes : le premier refuse la présence de l’animal impur, alors que le second est un illuminé persuadé que la terre où vit Harry est celle où a vécu Jésus. Alors que le second est un forcené aussi renfermé sur lui-même qu’une huître, le premier va lier avec Harry une amitié forte : en apprenant à se connaître vraiment l’un et l’autre malgré les barrières de la religion et de la culture, ils vont se découvrir de nombreux points communs. Une camaraderie qui arrive à point, Harry ayant bien besoin des conseils d’un ami pour enfin accepter l’homosexualité de son fils et la maladie de sa femme.

En évitant l’écueil du pathos dans le traitement de la maladie, la réalisatrice Amanda Ethers offre un second rôle émouvant, celui de Monica, à l’actrice Rosanna Arquette. En mère très protectrice de ses enfants, elle incarne une femme à la fois douce et aimante, mais toujours prête à sortir les griffes, même avec vingt ans de retard ! Il suffit de la voir s’échapper d’une projection de cinéma, après que sa fille Annabelle lui ait demandé ce qu’elle ferait si c’était sa dernière journée sur Terre, en déclarant qu’elle veut dire le fond de sa pensée à l’horrible institutrice qu’avait Annabelle au primaire. La scène est truculente, et ce n’est rien en comparaison des nombreuses séquences où apparaissent Harry et Moshe. Quel choix judicieux a fait la réalisatrice en sélectionnant James Caan et Tom Hollander pour incarner ces deux têtes de mules ! D’abord ennemis, respectivement retranchés derrière cochons et Torah, de nombreux bains de mers et repas de chabbat leur seront nécessaires pour nourrir enfin un respect mutuel l’un envers l’autre. Car le but d’Harry est plus noble que les moyens employés pour y parvenir : il veut rebuter les terroristes en installant aux toits des bus des poches de sang de porcs. Craignant d’être contaminés par l’animal impur, les terroristes sont dissuadés de se faire exploser en emportant de nombreuses vies humaines. Une idée tirée d’un fait divers qui a frappé Amanda Sthers : « Un jour j’ai lu dans un quotidien tout à fait respectable qu’ils s’étaient mis à élever des porcs en Israël afin de rebuter les terroristes. Pour une fois, les Musulmans et les rabbins étaient d’accord – enfin, ils étaient contre quelque chose, mais du moins étaient-ils d’accord sur le fait d’être contre ».

Une belle histoire d’amitié plantée dans un décor qu’on ne voit pas assez au cinéma. À découvrir en salles le 16 janvier.

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La Rédaction

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