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Le Festival du film franco-arabe: notre sélection de films!

Le Festival du film franco-arabe: notre sélection de films!

02 décembre 2017 | PAR Donia Ismail

Pour quelques jours seulement, Noisy-le-Sec est devenu le repère du 7ème Art arabe. Le Festival du film franco-arabe finit dans quelques jours. TouteLaCulture vous propose un tour d’horizon des films à ne pas manquer!

Le cinéma arabe a posé ses bagages au cinéma Le Trianon pour le Festival du film franco-arabe de Noisy-le-Sec. Conçu comme « un pont entre les civilisations », le festival a su plaire par sa programmation audacieuse, douce et pimentée. Pour sa 6ème édition, le comité n’a pas fait les choses à moitié. Ce sont plus d’une douzaine de films qui sont à l’affiche, tous venant des quatre coins du monde arabe. Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Tunisie, ces films vous proposent un voyage dans ces terres souvent méconnues et nous offrent, au passage, un état des lieux à travers les yeux des réalisateurs conviés.

TouteLaCulture vous a fait une petite sélection des films encore à l’affiche et des pépites du futur et du passé à ne pas rater!

Le Caire confidentiel de Tarek Saleh:

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Un film noir qui nous immerge dans le Caire pré-révolutionnaire, quelques jours avant la révolution de 2011. Une chanteuse égyptienne est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel de la capitale. L’enquête de Nourredine, policier corrompu jusqu’à la moelle, le mènera jusqu’au cercle le plus proche du président Hosni Moubarek.
Dans ce film de genre, rare dans le cinéma égyptien pour le mentionner, Tarik Saleh réussit un polar haletant du début à la fin, sans que notre regard ne puisse se détourner.Le film est une pépite, tout comme son acteur principal.
Lundi 4 décembre à 18h et mardi 5 décembre à 16h au cinéma Le Trianon.

En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui:

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Trois histoires qui nous plongent dans la société contemporaine arabe. On y rencontre un riche promoteur immobilier, un neurologue ambitieux rattrapé par son passé et une jeune femme tiraillée. Le film nous emmène sur les routes Alger, Constantine, Biskrah, dans un road movie exquis et nous fait découvrir un paysage d’une beauté envoutante.
En attendant les hirondelles est un portrait sensible d’une Algérie qui n’avance plus, freiner par ses dirigeants. Ce n’est pas un film politique en lui même. Le génie de Karim Moussaoui est de faire transparaitre le politique à travers les portraits réussis et si justes d’Algériens.
Dimanche 13h45, lundi 4 décembre à 16h et mardi 5 décembre 13h45.

Ali la chèvre et Ibrahim de Shérif El Bendary:

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Une comédie égyptienne comme on les aime. Ali, la chèvre et Ibrahim nous emmène sur les routes égyptiennes. Ali, petit et jovial, est épris de sa chèvre Nada. Sa mère ne le comprend pas et l’envoie consulter chez un guérisseur. Il y rencontre Ibrahim, grand et réservé, souffre d’acouphènes à répétitions qui lui mènent la vie dure. Les deux hommes entreprennent un voyage thérapeutique qui les mènera à Alexandrie, au Sinaï et tout au long du Nil. Avec son premier long-métrage, Shérif El Bendary, séduit par l’humour décalé de ses personnages, tout en faisant le portrait d’un Caire destructif, épuisant et étouffant.
Lundi 4 décembre à 20h30, rencontre avec le réalisateur.

La belle et la meute de Kaouther ben Hania: 

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Mariam, jeune étudiante tunisienne, passe sa soirée dans une fête étudiante. Elle croise le regard de Youssef. Elle est tétanisée. Quelques heures plus tard, la jeune en état de choc, erre dans les rues. Commence alors un combat contre une bureaucratie patriarcale afin de protéger ses droits et sa dignité. Kaouther Ben Hania signe un thriller haletant. La cinéaste ne s’intéresse pas au fait divers, mais à la lutte de cette femme qui suit pour obtenir réparation tout en délivrant un portrait de la société.

Mardi 5 décembre à 18h15.

C’est toi mon amour de Youssef Chahine:

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Celui-ci n’est pas un film qui s’apprête à sortir dans les salles. Pourtant, à l’occasion d’une soirée spéciale, C’est toi mon amour, du génialissime cinéaste égyptien Youssef Chahine, a eu sa place dans la programmation. Une comédie musicale égyptienne des années 60 comme on n’en fait plus, avec un casting 5 étoiles. On y voit en personnages principales, Farid Al Atrache et la ravissante Chadia qui nous a quitté il y a quelques jours. Ce long métrage est la métaphore de ce qu’était l’Égypte et son cinéma. À regarder impérativement.

Les bienheureux de Sofia Djama:
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C’est l’histoire de deux générations qui vivent ensemble mais ne semblent jamais se rencontrer. Amal et Samir, des quatre vingts huitard, fêtent leur 20 ème anniversaire et discutent de leur(s) Algérie(s). Elle, à travers sa perte d’espoir, et lui par la nécessité de s’en accommoder. Leur fils, Fahim accompagné de ses amis, évoluent dans une Alger meurtrie, qui se renferment sur elle même.
Dans ce film, qui montre Alger comme on ne l’a jamais vu, Sofia Djama arpente l’avenue des souvenirs douloureux d’une Algérie meurtrie, tout en soulignant les problématiques actuelles. Un long métrage grandiose qui traite avec une grande justesse de l’héritage des années noires.

Sortie prévue le 13 décembre en France

Une famille syrienne de Philippe Van Leeuw: 

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Fuir ou rester? Le film nous emmène en Syrie, sous les bombardements. Une famille syrienne reste cloitrée dans un appartement. Ils s’organisent au jour le jour pour survivre, malgré les pénuries et la mort qui les guettent.
Philippe Van Leeuw nous livre un huit-clos haletant, où le spectateur est pris dès la première seconde. Un film qui résonne, malheureusement, dans notre monde et donne une autre vision du phénomène. Simplement génial.

Solitaire de Sophie Boutros:

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Ghada, libanaise, va se marier. Ses parents se préparent à recevoir la famille du futur marié. Seul problème est qu’ils sont Syriens. La mère de Ghada, dont le frère a été tué par une bombe syrienne, n’en sait rien, enfin pour l’instant. À la manière de Scapin, la mère imagine tout un tas de subterfuges pour empêcher les deux tourtereaux de s’unir.
Dans Solitaire, Sophie Boutros s’attaque à un conflit de grande importance, celui qui oppose les Syriens et les Libanais. Pas de scènes de guerres, ou de sang, non, la réalisatrice choisit la comédie pour dépeindre les maux qui affrontent les deux camps. Une divine comédie, où cinéma et théâtre se rencontrent. Un moment doux et jouissant, tout a fait réussis!

Pour l’instant, le film n’a pas de date de sortie en France.

Infos pratiques

Manfred, en texte et contre tout
[Belfort 2017, dernier jour] Errances, déshérances et Palmarès de la 32e éditions d’Entrevues
Donia Ismail

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