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« Fashionista » : un incompréhensible thriller psychologique [Critique]

« Fashionista » : un incompréhensible thriller psychologique [Critique]

21 septembre 2017 | PAR Simon Théodore

Après Johnny Frank Garrett’s Last Word (2016), le réalisateur britannique Simon Rumley présentait, dans le cadre du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, son nouveau film Fashionista. En compétition dans la catégorie crossover, ce thriller psychologique au scénario original est à double tranchant.

[rating=2]

April est une jeune droguée d’un nouveau genre. Travaillant dans la boutique de vêtements vintages appartenant à son mari, elle est addicte aux habits. Elle les touche, les porte et les sniffe comme une accro. Lorsqu’elle apprend que son mari Éric (Ethan Embry) la trompe, son obsession se transforme en une véritable paranoïa qui la conduit à un bain de sang…

Mettre en scène une telle addiction est un projet ambitieux. « Fashionista est un film que l’on adore ou que l’on déteste » rappelait le réalisateur avant la projection. La jeune héroïne évolue dans un monde fait de fringues de friperie et de robes à la mode pin-up tandis que l’organisation de son appartement témoigne de sa psychologie déviante. Aperçu dans certaines séries télévisées, Amanda fuller incarne à merveille ce personnage dont les malheurs s’accentueront lorsqu’elle rencontrera le mystique Ramdall (Eric Balfour), décidé à la guider vers des jeux sexuels étranges.

Au-delà d’une bonne interprétation des différents acteurs, la réalisation rend le projet inintelligible et l’expérience difficilement immersive. Le récit est entrecoupé de scènes à la chronologie désordonnée, produisant ainsi de la confusion. L’ambition est d’effacer les frontières entre ce que vit réellement April et ses délires mais le spectateur, lui, perd le fil de l’histoire… L’une des rares dimensions compréhensibles est cette tension montante qui finit en une explosion de violence et un bain de sang, conséquence de toute cette folie. Néanmoins, l’attente d’un final expliquant près de deux heures de non-sens cinématographique se fait sentir et, lorsque celui arrive, il ne résout rien… Seules des bribes explications laissent le spectateur perplexe.

Malgré un sujet audacieux et des comédiens charismatiques, la complexité scénaristique de Fashionista est son plus grand défaut. Film que l’on adore ou non ? Il s’agit plutôt d’un film que l’on comprend ou que l’on ne comprend pas…

Fashionista de Simon Rumley. Avec Amanda Fuller, Ethan Embry et Eric Balfour. Thriller psychologique. Durée 1h48.

Visuel : (c) Affiche du film.

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