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Deauville 2017, Jour 2 : L’effet Pattinson et « Mary » chouchou du public

Deauville 2017, Jour 2 : L’effet Pattinson et « Mary » chouchou du public

03 septembre 2017 | PAR Yaël Hirsch

C’est sous un grand soleil que la foule des fans de Robert Pattinson faisait la queue dès le matin près des planches pour voir leur star. Alors qu’un hommage était rendu au beau gosse de Harry Potter et de Twilight avec une rétrospective, c’est en personne qu’il est venu présenter le film des frères Safdie (en compétition à Cannes cette année, lire notre article), Good Time.

Mais avant le tapis rouge et la prise de parole de la star, la journée a commencé avec deux films en compétition du 43e festival américain de Deauville, présentés par leurs réalisateurs.
Premier en lice, Beach Rats de la newyorkaise Eliza Hittman met en scène de manière poétique et léchée, la quête d’un adolescent de Brooklyn qui doit faire face à la fois à la grave maladie de son père et à la découverte de son homosexualité. Entre drogues en tout genre, bande de potes sous les feux d’artifices de la plage, rencontres sur le web et petite amie potemkine, le jeune éphèbe en colère, interprété par Harrys Dickinson, se débat. Si la photo est bonne et qu’on nous montre ce jeune-homme, le caractère trop appuyé des métaphores et des dialogues peine à renouveler le thème. On a l’impression d’avoir déjà vu plusieurs fois ce film qui peine à nous tenir en éveil malgré (ou à cause ?) de nombreuses scènes de sexe.

Le deuxième film en compétition de la journée pouvait effrayer sur le papier puisqu’il s’agit de l’histoire d’une petite fille surdouée de 7 ans, Mary (c’est aussi le titre du film en Français). Présenté avec énergie par son cinéaste, Marc Webb, ce petit bijou de subtilité, de jeux d’acteurs et de tendresse a su profondément émouvoir le public. Mary a sept ans , elle est sous la garde de son oncle (formidable Chris Evans) depuis le suicide de sa mère, grande mathématicienne. Ce dernier s’est donné pour mission de lui offrir une vraie enfance. Il ne l’a pas envoyée en école spécialisée et  a choisi pour eux une vie simple en Floride, plutôt qu’une vie de campus à Boston. Mais lorsqu’il décide de mettre enfin Mary en cours « normal » avec des enfants de son âge, il réveille l’attention de sa mère et grand-mère de la petite (Lindsay Duncan, excellente) qui veut en faire une immense mathématicienne et va jusqu’au procès pour reprendre la garde. Avec une jeune actrice merveilleuse (McKenna Grace), une Octavia Spencer en meilleure amie de la petite et une grande subtilité dans les portraits psychologique, ce film jamais simpliste et toujours tendre est un petit « Manchester by the Sea », plus au sud, moins tragique mai tout aussi poignant et que le public de Deauville a adoré. Un prix se profile pour Mary !

C’est Bérénice Béjo qui avait la charge de l’hommage à Robert Pattinson. Dans une sculpturale robe verte, l’actrice du Redoutable a mis en scène une lettre au jeune comédien américain avec un texte très travaillé et un humour bon enfant. Rasé de près y compris en haut du crâne, Pattinson est arrivé sur scène après un bref film qui résumait sa carrière. Souriant, très vif, drôle, il était très enthousiaste sur l’accueil de Deauville au point de vouloir « y déménager ». Reprenant le discours de Bérénice Bejo qui ouvrait les portes à des scènes d’amour avec lui, il a annoncé à la jolie brune qu’il était toujours partant. Enfin, place au sérieux avec une déclaration d’amour au cinéma et aux réalisateurs (tous listés) qui ont jalonné sa carrière. Une carrière incroyable pour un acteur à peine trentenaire et qu’on pourra retrouver toute la semaine au cours d’un cycle de projections à Deauville. C’est avec son producteur et les deux frères Safdie, réalisateurs, acteur, scénariste du film qu’il a pu présenter l’avant-première du samedi soir, Good Time. Un course poursuite entre deux frères malfrat et les forces de l’ordre dans un New-York sous acide, où Pattinson est aussi brillant que méconnaissable (lire notre article lors de la projection à Cannes).

Des tartelettes et pas moins de quatre DJs nous attendaient en fin de soirée à la Villa Kiehl’s pour une fièvre du samedi soir aussi glamour que drôle. Le bonheur ? Le Festival du Film Américain de Deauville dure encoure toute une semaine.
Visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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