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[Critique] »La loi de la jungle » les folles tribulations de Vimala Pons et Vincent Macaigne dans les neiges de Guyane

[Critique] »La loi de la jungle » les folles tribulations de Vimala Pons et Vincent Macaigne dans les neiges de Guyane

30 mai 2016 | PAR Olivia Leboyer

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Après La fille du 14 juillet (2013), film dynamité et fou, Antonin Peretjatko livre une comédie encore « plus » : spectaculaire épopée dans la jungle, entre Philippe de Broca et Jacques Tati. Un régal d’intelligence absurde et de romantisme. Vimala Pons et Vincent Macaigne sont irrésistibles. A découvrir dès le 15 juin.

[rating=4]

Vincent Macaigne porte ici le nom vaguement ridicule de Marc Châtaigne. La trentaine passée, il est toujours un éternel stagiaire au sein de Ministères où se décident toutes sortes de choses absurdes (« Les lianes c’est comme les stages. Tu ne lâches pas ta liane avant d’en avoir une autre » s’entend dire Châtaigne dans la jungle). Au Ministère de la Norme ( !), l’inénarrable Jean-Luc Bideau l’expédie en Guyane pour superviser le grand chantier Guyaneige, destiné à exporter le ski dans la jungle. Exalté et expéditif, Bideau n’est pas avare de grands mots et de raccourcis à l’emporte-pièce pour justifier le projet : « La Guyane, c’est la France et la France, c’est l’Europe » ou ce savoureux : « Depuis Louis XIV, la France a appris à s’endetter ».

A décision insensée, aventures abracadabrantes. Plein de bonne volonté, Châtaigne se heurte au non-sens permanent (« Qui dit ski, dit jambe cassée, donc gangrène »). Dans la forêt amazonienne, il y a en effet Mathieu Amalric, totalement cinglé, Pascal Légitimus, hilarant, et… la belle Vimala Pons (qui se prénomme ici Tarzan), en stagiaire-aventurière de charme. Entre le timide Châtaigne et cette Tarzan plus libérée, les affinités vont se révéler explosives. Une scène de « philtre d’amour » constitue un sommet d’humour et de vrai romantisme.

Antonin Peretjatko réussit à la fois la comédie pure, à toute allure, où chaque réplique fait mouche, et l’histoire d’amour, simple et touchante (« Il y a quatre temps : le passé, le présent, le futur, et l’absent. Avant de te rencontrer, j’étais dans l’absent », dit Châtaigne à Tarzan).

La loi de la jungle mêle avec bonheur toutes les sortes d’humour, du plus fin au plus potache, et nous emballe totalement.

La loi de la jungle, de Antonin Peretjatko, 1h39, France, 2016, avec Vincent Macaigne, Vimala Pons, Pascal Légitimus, Mathieu Amalric, Fred Tousch, Rodolphe Pauly, Jean-Luc Bideau, Philippe Laudenbach. Sortie le 15 juin 2016.

visuels: affiche, photo et bande annonce officielles du film.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

Une réflexion sur « [Critique] »La loi de la jungle » les folles tribulations de Vimala Pons et Vincent Macaigne dans les neiges de Guyane »

Commentaire(s)

  • Turcaud

    Je partage votre enthousiasme, chère Olivia Leboyer.

    juin 19, 2016 at 18 h 35 min

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