A l'affiche
[Critique] « Wild » Reese Witherspoon rayonne, sac sur le dos, dans un périple rédempteur à travers les USA

[Critique] « Wild » Reese Witherspoon rayonne, sac sur le dos, dans un périple rédempteur à travers les USA

17 janvier 2015 | PAR Gilles Herail

Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club) nous conte une histoire de rédemption à l’américaine, suivant le périple solitaire d’une jeune femme paumée cherchant à se reconstruire. Ce voyage intérieur à travers la nature américaine n’évite pas les lourdeurs symboliques mais est éclairé par la présence et la sincérité de son actrice principale, Reese Witherspoon.

[rating=3]

Synopsis: Après plusieurs années d’errance, d’addiction et l’échec de son couple, Cheryl Strayed prend une décision radicale : elle tourne le dos à son passé et, sans aucune expérience, se lance dans un périple en solitaire de 1700 kilomètres, à pied, avec pour seule compagnie le souvenir de sa mère disparue… Cheryl va affronter ses plus grandes peurs, approcher ses limites, frôler la folie et découvrir sa force.Une femme qui essaye de se reconstruire décide de faire une longue randonnée sur la côte ouest des Etats-Unis.

Le grand public avait pu découvrir Jean-Marc Vallée dans Dallas Buyers Club et Crazy. On leur préfère pourtant un autre film du réalisateur québécois, Café de Flore, étrangeté inclassable et bouleversante avec Vanessa Paradis, croisant plusieurs histoires reliées par un même thème musical. Sous ses faux-airs d’Into The Wild (de Sean Penn) au féminin, Wild raconte en réalité une histoire beaucoup plus terre-à-terre. La reconstruction d’une jeune femme paumée, ne s’étant jamais remise du deuil de sa mère, incapable de sortir d’un cercle vicieux auto-destructeur. Là où Sean Penn s’interrogeait sur un mode de vie alternatif et le choix politique de quitter le monde civilisé, Jean-Marc Vallée filme un simple défi personnel dans la douleur. Un chemin de croix permettant d’accéder à la rédemption et à l’acceptation de soi. Très américain dans son propos, ses références, ses symboles, ses personnages et ses décors, Wild bouleverse pourtant grâce à l’engagement total de Reese Witherspoon.

Révélée dans le genre de la comédie romantique, l’actrice représente malgré elle une normalité US fantasmée, copine idéale, blonde, jolie, pas idiote, populaire, charmante. C’est cette « America’s sweetheart » que Wild va rendre désespérée, junkie, suicidaire. Sauvée par un périple bien éloigné de la promenade bucolique. Un défi physique, sans préparation, les dents serrées. Le réalisateur s’attarde sur les meurtrissures d’un corps blessé par les chaussures, le sac à dos, les intempéries, les envies d’arrêter. Tout en introduisant en parallèle des flash-back qui reviennent sur les errances passées de l’héroïne. Ce parcours du combattant vers l’acceptation de soi s’autorise de nombreuses touches d’humour et quelques rencontres improbables pour alléger son propos. Mais on retiendra surtout Reese Witherspoon, qui crève l’écran, nous faisant oublier les fausses notes et la quasi religiosité de certaines scènes.

Gilles Hérail

Wild, un film de Jean-Marc Vallée avec Reese Witherspoon, durée 1H56, sortie le 14 janvier 2014

Bande-annonce et visuels officiels.

Francesca Poloniato prend la direction du Théâtre du Merlan
Gagnez 5 vinyles de « Drummers & Gunners », l’album d’Arthur-S & le Professeur Inlassable
Gilles Herail

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *