A l'affiche
[Critique] « White Bird », Gregg Araki s’est assagi mais n’en a pas terminé avec les problèmes d’adolescents

[Critique] « White Bird », Gregg Araki s’est assagi mais n’en a pas terminé avec les problèmes d’adolescents

12 octobre 2014 | PAR Hugo Saadi

Gregg Araki c’est à lui tout seul : le surprenant Mysterious Skin, les délirants Kaboom et Smiley Face et les authentiques Nowhere et The Doom Generation. Difficile de catégoriser White Bird, son nouveau film où le réalisateur américain a perdu sa folie psychédélique pour livrer un film beaucoup plus calme. L’histoire n’en demeure pas moins barrée, mais la réalisation et l’acting sont en deçà de ce que l’on pouvait en attendre.

[rating=3]

 Gregg Araki ne quitte pas ses domaines de prédilection. White Bird est encore une fois une histoire de famille  et de problèmes d’adolescents. Ici, c’est le personnage de  Kat (Shailene Woodley qui occupe tout l’écran. Cette jeune fille de 17 ans voit sa mère (Eva Green) disparaître du jour au lendemain sans laisser de trace, mais elle ne s’en préoccupe guère. Les rêves poétiques en compagnie de sa mère disparue vont commencer à l’affecter de plus en plus tandis qu’elle découvre sa sexualité avec un jeune garçon de son âge.

White Bird est un thriller psychologique au récit déstructuré qui insuffle un rythme assez intense. Mêlant l’univers poétique des rêveries à la brutalité de la vie quotidienne et de l’enquête policière, Araki arrive à pondre un film haletant et suscitant de nombreuses réflexions. Volontairement kitsch, le film s’inscrit dans les années 1980 avec une BO très appréciable (Depeche Mode, The Cure entre autres). Loin de ses films acidulés pop qui ont fait sa renommée, il ne perd cependant pas son goût pour le sexe. Parsemant White Bird de plans très suggestifs, il impose les rapports sexuels au premier plan. La tension sexuelle est bien présente grâce à l’incroyable performance d’Eva Green en mère dépressive donnant lieu à des scènes volontairement too-much tandis que Shailene Woodley se met littéralement à nue et séduit par intermittence. Cette dernière est loin de convaincre, la faute (peut-être) à son image trop ancrée dans ses films pour adolescents (Divergente, Nos étoiles contraires) mais qui rappellera ses films plus indé où elle colle un peu plus aux personnages (The Descendants, The Spectacular Now).

Au final, Araki propose un regard intéressant sur cette famille qui était parfaite en façade et il vient bousculer l’ordre avec cette histoire de disparition / meurtre se terminant par un final un poil trop prévisible. White Bird souffre également de la comparaison de la filmographie du bonhomme et hormis une Eva Green en état de grâce le casting suit difficilement.

White Bird, un film de Gregg Araki, avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni, drame américain, 1h31. Au cinéma le 15 octobre 2014.

visuels © Why Not Productions – Desperate Pictures

 

Polars en Poche [2/2]
[Interview] Marie Josée Croze « Le cinéma on n’en parle pas, on le fait »
Hugo Saadi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture