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[Critique] « Un Voyage » Samuel Benchetrit et Anna Mouglalis s’égarent dans un naufrage ridicule

[Critique] « Un Voyage » Samuel Benchetrit et Anna Mouglalis s’égarent dans un naufrage ridicule

27 avril 2014 | PAR Gilles Herail

Digne d’un premier long-métrage étudiant, le charme en moins, Un Voyage est un ratage total. Prétentieux, mal écrit, mal joué, souvent gênant, on ne comprend pas ce qu’a bien voulu raconter un réalisateur que l’on aimait pourtant beaucoup jusque-là.

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Synopsis officiel: Un couple dépose leur enfant à la maternelle un vendredi matin. C’est la grand-mère qui viendra le chercher le soir et qui le gardera pour le week-end. Eux partent en voyage, dans un autre pays…. Samuel Benchetrit, parfois acteur comme dans le récent Les Gazelles, est avant tout un réalisateur cherchant toujours à relier cinéphilie et cinéma populaire. Janis et John réservait un rôle magnifique à Marie Trintignant, devenant malgré elle une Janis Joplin des années 2000. J’ai toujours rêvé d’être un gangster reprenait le style du film à sketchs pour nous proposer des portraits de truands à la petite semaine entre comédie et nostalgie. Chez Gino relevait avec brio le pari casse gueule d’un hommage au cinéma italien au sein d’un film touffu, brouillon, imparfait mais extrêmement généreux avec son spectateur. Un voyage est tout le contraire de cette filmographie naissante et prometteuse.

Benchetrit cherche la liberté de ton et de forme, avec un film à petit budget. Mais c’est une œuvre lourde, prétentieuse, pompeuse et franchement insupportable qui nous est présentée. Dès le monologue qui ouvre le film, où Anna Mouglalis déclame comme dans une mauvaise parodie du cinéma français un texte boursouflé, cherchant l’émotion en provoquant un rire jaune. Cette gêne se ressentira dans tout le film où chaque dialogue est en trop, chaque rebondissement tombe à plat. Anna Mouglalis grimace, pleure à grosses larmes, adopte une diction faussement torturée, réagit de manière inconsidérée, essaie surement d’égaler le pire des performances récentes de Joaquim Phoenix et son insupportable rôle dans The MasterUn Voyage ne raconte rien jusqu’à son « twist » final qui ne sauve en rien le film. Dans cet amas visuellement informe, une scène surréaliste digne des frères Larrieu où le couple principal se transforme soudainement en singes pour aller copuler dans la montagne nous éveille un peu. Mais l’image du film est indigne, la caméra pseudo réaliste plus tremblante que dans n’importe quelle mauvaise production de série B. Les seconds rôles jouent aussi mal que les premiers et l’on a la désagréable impression de voir le premier film d’un cinéaste sans talent. Passez donc votre chemin sans remords et revoyez les précédents films qui donnaient une meilleure image de ce que l’on espérait être un vrai auteur dans le cinéma français.

Gilles Hérail

Un Voyage, un film de Samuel Benchetrit avec Anna Mouglalis et Yann Goven, durée 

La revue de web de la semaine
« La nuit grecque » : une crise de la quarantaine réaliste, par Pierre Vens
Gilles Herail

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