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[Critique] « Un moment d’égarement » Vincent Cassel et François Cluzet dans un néant de comédie française

[Critique] « Un moment d’égarement » Vincent Cassel et François Cluzet dans un néant de comédie française

27 juin 2015 | PAR Gilles Herail

Le nouveau film de Jean-François Richet n’a pas grand chose à offrir. La jeune actrice Lola Le Lann agace en raison d’une direction d’acteurs approximative. Et le moment d’égarement de Vincent Cassel est plus glauque que comique. Passez votre chemin.

[rating=1]

Synopsis officiel: Antoine et Laurent, amis de longue date, passent leurs vacances en Corse avec leurs filles respectives : Louna, 17 ans et Marie, 18 ans.  Un soir sur la plage, Louna séduit Laurent. Louna est amoureuse mais pour Laurent ce n’est qu’un moment d’égarement… Sans dévoiler le nom de son amant, Louna se confie à son père qui cherche par tous les moyens à découvrir de qui il s’agit… Combien de temps le secret pourra-t-il être gardé ?

On connaissait Jean-François Richet pour son cinéma de genre et ses capacités de technicien. Ma 6T va craquer, Assault sur le central 13 et les Mesrine démontraient un vrai savoir-faire et son association avec deux acteurs de la trempe de Cluzet et Cassel nous avaient mis l’eau à la bouche. La vacuité du projet déçoit d’autant plus que l’on comprend mal l’idée de tourner le remake d’un film déjà oublié de Claude Berri. Les apparences de modernité sont surjouées en utilisant à l’excès des éléments faussement jeunes (musique, Facebook et anglicismes). Mais le fond du dossier est beaucoup plus vieille-garde que cela. Une histoire d’amitié bien virile, une grosse Audi, des fusils de chasse, et des bikinis sur la plage. La polémique sur l’affiche du film était tirée par les cheveux (on peut comprendre que les noms des deux acteurs soient plus vendeurs que celui des comédiennes inconnues du grand public). Mais la beaufitude du film mérite elle moins d’indulgence.

Un moment d’égarement ne raconte rien et ne fait pas évoluer son pitch d’un iota jusqu’à la confession finale (au bout d’ 1h45 tout de même). Le film est très rarement drôle, pas vraiment sexy, plus triste que dérangeant, daté que transgressif. Une accumulation de pas grand chose qui aurait pu être simplement sans intérêt. Mais se coltine également tous les pires aspects des productions française friquées, sur-budgétées, qui cachent derrière leur opulence un vide abyssal. On sauve Cassel, toujours charismatique, même dans ses plus mauvais films et l’actrice interprétant sa fille, qui sonne plutôt juste. Cluzet éprouve en revanche beaucoup plus de difficultés en reprenant son rôle des Petits Mouchoirs et s’en adonnant à un cabotinage qui empire au fur et à mesure. Lola le Nann manque d’une direction d’acteur claire et joue faux 50% du temps, devant une caméra qui semble uniquement intéressée par sa plastique et ses réactions de jeune fille à papa. Les intentions étaient peut être différentes mais il n’y pas grand chose à sauver d’un produit fini qui ne semble de toute façon pas très convaincu de sa propre utilité.

Gilles Hérail

Un moment d’égarement, une comédie française de Jean-François Richet avec Vincent Cassel, François Cluzet,  durée 1H45, sortie le 24/06/2015

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Gilles Herail

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