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[Critique] « Un illustre Inconnu : Mathieu Kassovitz troublant caméléon dans un film de genre à la française

[Critique] « Un illustre Inconnu : Mathieu Kassovitz troublant caméléon dans un film de genre à la française

22 novembre 2014 | PAR Gilles Herail

Beaucoup de belles choses dans ce nouveau film réalisé et écrit par l’équipe du Prénom. Une vraie envie de cinéma de genre, de thriller psychologique, d’ambiance, de mystère, de jeu sur la transformation des visages et les troubles de la personnalité. Kassovitz est génial de bout en bout mais de trop nombreuses invraisemblances et certaines approximations techniques  nous empêchent d’y croire totalement. 

[rating=3]

Synopsis officiel: Sébastien Nicolas a toujours rêvé d’être quelqu’un d’autre. Mais il n’a jamais eu d’imagination. Alors il copie. Il observe, suit puis imite les gens qu’il rencontre. Il traverse leurs vies. Mais certains voyages sont sans retour.

Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patelière avaient déjà écrit et réalisé Le Prénom, énorme succès populaire, bâti sur une mécanique du rire efficace, à défaut d’être totalement enthousiasmante.  Comme Michel Hazanavicius, passant du pastiche au film muet et maintenant au film de guerre, le duo a choisi d’explorer le thriller, cherchant à diversifier leur cinéma dans d’autres genres. Avec une approche de « faiseur » qui manque cruellement au cinéma français, trop attaché à des auteurs immédiatement identifiables, rattachés à une école et un style. Un illustre inconnu est en effet aussi caméléon que son personnage principal et s’approprie avec talent tous les éléments que l’on est en droit d’attendre pour ce type de productions. Un travail sur les couleurs grisâtres, l’environnement froid et clinique de ce triste homme normal. Cette chambre secrète dans son appartement que l’on ne nous dévoile que par petits bouts, une musique et un rythme efficaces. Mathieu Kassovitz est fascinant dans ce rôle en or, qui lui permet de se déguiser, de se transformer, de jouer avec son personnage et les spectateurs. Mais aussi d’évoquer des problèmes d’identité et d’acceptation de soi.

Le film s’amuse beaucoup dans sa première partie à suivre ce caméléon prédateur, cherchant à vivre à travers les personnes qu’il rencontre. La réalisation film avec précision les gestes minutieux et répétés du maquillage, des masques en latex et des artifices que le personnage utilise pour altérer les traits de son visage et se fondre dans la peau d’un autre. Un illustre inconnu ne parle pas d’un psychopathe mais d’un individu lambda dépendant du plaisir, de l’excitation et du sentiment d’interdit qu’il éprouve en s’immisçant dans la vie des autres pour les remplacer, l’espace d’un instant. Le film dévie de cette première trajectoire après un twist qui rebat les cartes. Les invraisemblances ont alors tendance à s’accumuler et des détails techniques imparfaits nous empêchent de rester en immersion. Peut être trop ambitieux, Un Illustre Inconnu souhaite nous en mettre plein la vue et plein les sens en permanence. Si le contrat n’est qu’à moitié respecté, on ne peut que saluer ce genre de productions qui prennent des risques, souhaitent proposer du spectacle pop-corn de qualité sur des terrains délaissés par le cinéma français. Tout à fait recommandable.

Gilles Hérail

Un illustre inconnu, un film de Mathieu Delaporte avec Mathieu Kassovitz, durée 1H53, sortie le 22/11/2014

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Gilles Herail

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