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[Critique] « Son épouse »,Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg dans les mystères de l’Inde

[Critique] « Son épouse »,Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg dans les mystères de l’Inde

11 mars 2014 | PAR Olivia Leboyer

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Une histoire d’amour et de possession entre la France et l’Inde : Michel Spinosa ne parvient pas à restituer le mystère de cet étrange voyage. Sortie le 12 mars 2014.

[rating=2]

La future femme de Joseph (Yvan Attal), c’est Catherine (Charlotte Gainsbourg) : un couple de cinéma naturellement évident. Si leur amour est solide, Catherine a cependant caché à Joseph son passé de toxicomane. Inscrite à un groupe de paroles, elle est encore en traitement sous Subutex. D’abord dérouté, Joseph décide de s’engager avec celle qu’il aime et de lui faire un enfant. Après une jolie ellipse, nous retrouvons Joseph sans nouvelles de Catherine : après avoir perdu l’enfant qu’elle portait, la jeune femme a fui. Une scène d’affrontement de couple, belle et frappante, montre le désarroi et le ressentiment quasi inconscient de Joseph et, paradoxalement, la force de Catherine : très choquée par la perte du bébé, elle affirme que cela n’a rien à voir avec le Subutex, qu’il s’agit d’un banal accident. Par un coup de fil, des mois plus tard, Joseph apprend la mort de Catherine, très loin, en Inde.

Si les scènes entre Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg possèdent une vraie intensité, l’immersion de Joseph en Inde sur les traces de son épouse disparue, est malheureusement très empesée. La magie n’opère pas. Une jeune Tamoule, Gracie (Janagi, excellente), se dit possédée par l’esprit de Catherine, qui a passé ses derniers mois auprès d’elle et de sa famille. « Je suis la femme de Joseph », martèle Gracie, en une sorte de mantra étrange. Mais le voyage initiatique de Joseph est trop balisé, dans une Inde fidèle à tous ses clichés (loin du très réussi The Lunchbox, récemment). Joseph sillonne Madras, parle à des mendiants, se fait manger les doigts de pied par de petits poissons tout en apprenant les particularités de l’alaphabet indien, se fait appeler Sasoon, écrit des poèmes… Ce n’est pas l’émotion, mais le fou rire qui gagne le spectateur.

Si l’atmosphère de l’Inde vous subjugue, revoyez le troublant Nocturne indien d’Alain Corneau (1989), avec Jean-Hugues Anglade (ou, of course, Le Fleuve de Renoir !).

Son épouse, de Michel Spinosa, France, 1h47, avec Yvan Attal, Janagi, Charlotte Gainsbourg, Mahesh, Laguparan, Nirupama Nityanandan. Sortie le 12 mars 2014.

visuels: photo, affiche et bande annonce officielles du film.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

One thought on “[Critique] « Son épouse »,Yvan Attal et Charlotte Gainsbourg dans les mystères de l’Inde”

Commentaire(s)

  • Arjuna Rao

    Je viens de découvrir le film en dvd, sur les conseils d’un ami tamoul… C’est un très beau film, sans aucun cliché sur l’Inde, et cela fait du bien. Je suis très étonné par cette critique… Contrairement à ce qui est écrit, Joseph ne parle jamais à des mendiants (il n’y a aucun mendiants dans le film, c’est d’ailleurs un point positif), il n’est pas pieds-nus dans la rivière, mais c’est Gracie qui y marche (et je ne vois pas pourquoi une Indienne marchant dans une rivière serait un cliché!), Joseph n’apprend pas l’alphabet indien… pour la bonne raison qu’il n’existe pas d’alphabet Indien !!! L’Inde possède de très nombreux alphabets (bengali, devanagari, malayali, telugu, etc)… Cette méconnaissance de la part de l’auteur de la critique est offensant pour les Indiens. Joseph apprend l’alphabet tamoul. Il ne se fait pas appeler Sasoon (???) mais les Indiens l’appellent Soosai, ce qui veut dire Joseph en Tamoul. Il n’écrit aucun poème dans le film. Le poème c’est le mari (Tamoul) de Gracie qui l’écrit. Est-ce qu’un Indien qui écrit des poèmes est aussi un cliché ? Je pense que l’auteur de la critique ne connait (hélas) pas l’Inde du tout, contrairement à ceux qui ont fait ce film qui donne une vision de l’Inde très honnête et très juste. Tous mes amis tamouls et moi-même, d’origine gujarati, l’ont beaucoup aimé.

    août 1, 2014 at 20 h 02 min

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