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[Critique] « Red Rose », un huis-clos iranien sensuel et résistant

[Critique] « Red Rose », un huis-clos iranien sensuel et résistant

09 septembre 2015 | PAR Hugo Saadi

Devoir de mémoire ou acte de résistance, Red Rose est un mélange des deux. Sepideh Farsi filme une romance interdite sur fond de révolte. Un coup de force à souligner. Désormais le réalisateur et les comédiens sont persona non grata en Iran.

 [rating=3]

Sepideh Farsi plante le décor de son film depuis un balcon. Images d’archives à l’appui, la vague verte de juin 2009 à Téhéran (au lendemain de l’élection présidentielle usurpée) lance Red Rose. Dans cet appartement habite Ali (Vassilis Koukalani), homme solitaire proche de la cinquantaine suivant de loin les révoltes jusqu’à ce que des jeunes frappent à sa porte pour fuir la police… Parmi eux, Sara (Mina Kavani), une belle brune aux yeux bleus. Débute un jeu de regard et de séduction entre elle et son hôte : c’est le début d’une romance qui enfermera le spectateur dans cette même-pièce durant tout le métrage.

Avec cette romance, le réalisateur iranien n’évince pas la révolte, loin de là. Bien que perdurant en toile de fond, elle sera un élément récurrent dans les conversations entre le couple naissant. D’autant plus qu’elle passe désormais par le téléphone portable et les réseaux sociaux : twitter en fer de lance. Sepideh Farsi en profite alors pour filmer les écarts de deux générations différentes face à ces nouvelles technologies. Empruntant déjà le chemin de la résistance, Red Rose prend une dimension supérieure lorsque le réalisateur montre des scènes de sexe. Nombreuses et souvent filmées près du corps, elles seront souvent entrecoupées d’images d’archives des révoltes, pour un décalage et une provocation plus intense, tandis que la musique et la danse des corps viendront compléter l’ensemble. Le film suit un rythme lancinant et promène le spectateur d’une pièce à l’autre jusqu’à le malmener dans ses dernières minutes. Le final nous fait sortir du film prématurément et laisse perplexe. Regrettable.

« Red Rose », un film de Sepideh Farsi avec Vassilis Koukalani et Mina Kavani, drame iranien. 1h27. Au cinéma le 9 septembre 2015.

https://www.youtube.com/watch?v=5JBcTL6YJOY

Visuels © Urban Distribution

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Hugo Saadi

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