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[Critique] « Phantom Boy » Nouvelle réussite animée des studios Folimage

[Critique] « Phantom Boy » Nouvelle réussite animée des studios Folimage

18 octobre 2015 | PAR Gilles Herail

Le nouveau film d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli (Une Vie de Chat) retrouve la créativité visuelle et la finesse scénaristique de leur précédente collaboration au sein des studios Folimage. Phantom Boy convoque le genre du polar et du film noir tout en s’intéressant au quotidien d’un jeune enfant malade qui cherche à s’évader de son lit d’hôpital. Du cinéma d’animation différent, parfaitement complémentaire avec les Pixar/Dreamworks, à voir pendant les vacances de la Toussaint.

[rating=3]

Extraits du synopsis officiel: Leo, 11 ans, possède un pouvoir extraordinaire. Avec Alex, un policier, il se lance à la poursuite d’un vilain gangster qui veut s’emparer de New York à l’aide d’un virus informatique. À eux deux, ils ont 24 heures pour sauver la ville…

Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli avaient connu une incroyable aventure avec leur premier film, Une Vie de Chat, nommé à l’Oscar du meilleur film d’animation en 2012. Et la coopération des deux cinéastes avec le studio Folimage accouche une nouvelle fois d’un petit bijou animé. Phantom Boy prend la forme d’un polar et reprend les codes du film noir new-yorkais, ses lumières nocturnes, ses entrepôts portuaires désaffectés et ses gueules de mafieux. Le scénario murit son suspens, s’appuie sur un excellent « méchant » (porté par la voix inimitable de Jean-Pierre Marielle) et réserve des scènes d’action qui tiennent le spectateur en haleine. On apprécie beaucoup cette volonté rare de raconter une histoire au premier degré, de ne pas se laisser tenter par la blague référencée et d’assumer l’ambition de raconter une histoire, y compris lorsque l’on s’adresse aux plus jeunes. L’enquête policière sert de fil rouge mais la thématique est autre car Phantom Boy s’intéresse en réalité au quotidien d’un enfant malade.

Qui sort de son corps pour s’envoler loin de son lit d’hôpital et devenir les yeux et les oreilles de son ami policier. L’élément fantastique décuple les possibilités d’une mise en scène qui se régale à suivre les vols nocturnes du jeune héros, filant à toute vitesse entre les immeubles éclairés de la Big Apple. Malgré la dureté du sujet, Phantom Boy refuse le pathos pour ne garder que la mélancolie. La très belle musique originale donne au film une teinte étrange et mystérieuse, collant parfaitement avec l’environnement graphique, sans équivalent dans le cinéma d’animation contemporain. Phantom Boy rappelle que l’art et essai animé a toute sa place dans la diversité de la production familiale. Un divertissement qui sort des clous, ose des émotions différentes, assume autant sa noirceur que sa naïveté avec un univers visuel et musical unique. Une contre-programmation parfaite pour les vacances de la Toussaint.

Gilles Hérail

Phantom Boy, un film d’animation d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli avec les voix d’Edouard Baer, Jean-Pierre Marielle et Audrey Tautou durée 1h24, sortie le 14 octobre 2015

Visuels : © photos officielles et affiches officielles des films

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