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[Critique] de « Los Hongos » étonnant portrait de Colombie à travers les yeux de deux jeunes graffeurs

[Critique] de « Los Hongos » étonnant portrait de Colombie à travers les yeux de deux jeunes graffeurs

30 mai 2015 | PAR Gilles Herail

Le réalisateur Oscar Ruiz Navia signe avec Los Hongos un deuxième film enthousiasmant. Un portrait de la Colombie, de la jeunesse et de graffeurs, plein d’énergie et de chaleur. Du cinéma étonnant, apaisant, qui nous embarque dans une atmosphère à la fois réaliste et poétique. Une très belle surprise.

[rating=4]

Synopsis officiel : Dans la journée, Ras est ouvrier dans le bâtiment. Tous les soirs après le travail, il tague des graffitis sur les murs du quartier dans l’est de Cali (Colombie). Ras n’a pas dormi depuis longtemps et commence à rêvasser en plein jour. Quand il vole plusieurs pots de peinture pour finir une immense fresque murale, il est renvoyé. Sans le sou, il arpente la ville à la recherche de Calvin, son ami graffeur qui fait des études d’art et veille avec amour sur sa grand-mère.

Los Hongos est un film à l’ambiance étonnante. Qui reprend certains ingrédients du cinéma-réalité avec des acteurs non-professionnels, une ambition documentaire et une inscription claire dans la Colombie contemporaine. Tout en construisant une atmosphère presque onirique, nonchalante mais pleine de vie, avec une envie de skate, de musique, de graff, d’espoir. Le portrait de Colombie prend le point de vue de deux adolescents. Qui déambulent, traînent, participent au groupe de street-art et passent à l’âge adulte sans trop se poser de questions. Le ton n’est pas à la psychologie ou à la dramatisation. Plutôt au rythme du moment, à l’énergie de l’instant. On est habitué à voir la Colombie à travers la corruption, la criminalité, la drogue. Et les difficultés du pays sont présentes en arrière-plan, tout comme l’espoir de changement démocratique. Mais le réalisateur n’est pas là pour nous déprimer et cherche au contraire en permanence les moments de vitalité.

Les deux ados viennent de milieux différents, l’un noir, l’autre métis, mais le propos n’est pas social. Le réalisateur souhaite nous montrer un condensé de Colombie, subjectif, à travers les expériences de ses deux personnages principaux. Une Colombie à la fois historique et moderne. Qui aime ses vieux classiques d’opérettes tout en écoutant du hip-hop et du reggaeton. Où le graff et les concerts punks côtoient l’influence populaire traditionnelle des églises locales. Loin d’un discours jeuniste, Los Hongos mélange les générations. En dessinant une très belle relation entre l’un des deux ados et sa grand-mère. Affaiblie mais malicieuse, protectrice mais taquine. Vivant dans une étonnante maison envahie par les plantes. A son image, le film dégage une vraie lumière, un sentiment d’apaisement, pourtant toujours en mouvement. Le film ne crée par artificiellement d’images poétiques mais dégage une sérénité étonnante,  qui s’installe dès les premières scènes.

Avis à ceux que le synopsis et la présentation auraient rebuté, Los Hongos n’est jamais plombant, souvent drôle, plein de couleurs, d’envie. Un passionnant portrait de Colombie et un film où l’on se sent bien, à découvrir en salles sans hésitation.

Los Hongos, une chronique colombienne de Oscar Ruiz Navia, durée 1h43, sortie le 27 mai 2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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Gilles Herail

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