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[Critique] « Libre et assoupi » : une comédie jouissive sur les bienfaits de l’oisiveté

[Critique] « Libre et assoupi » : une comédie jouissive sur les bienfaits de l’oisiveté

06 mai 2014 | PAR Yaël Hirsch

Premier film de Benjamin Guedj, adaptation réussie du roman de Romain Monnery, Libre et assoupi est une comédie fraîche  sans prétention et finement menée sur un jeune adulte qui travaille à ne rien faire. Un feelgood moovie relevé aux formes agréables de Charlotte Le Bon et au testostérone 2.0 sympathique de Baptiste Lecaplain et Félix Moati. Sortie le 2 mai dans toutes les salles (ou presque).

[rating=4]

Presque 30 ans, trois master, cinq diplômes et 10 ans d’études en poche, Sébastien a du mal a réaliser son rêve dans la vie : ne rien faire. Pour poursuivre une brillante carrière dans l’oisiveté, il doit quitter sa Bretagne natale et emménager sur le canapé parisien d’une drôle de colocation : celle de la voluptueuse et brillante Anna (Charlotte Le Bon) et de son velléitaire prétendant qu’elle fait semblant de ne pas calculer, Bruno (Felix Moati). Cool, libre et presque toujours assoupi, Sébastien se fond à merveille dans le duo. Quand ils travaillent la journée, il va s’acheter un paquet de Pepitos qu’il mange calmement sur un banc et lit un peu. Le soir, il évite de répondre aux avances d’Anna (séduire une femme, trop de travail) et joue aux jeux vidéos avec Bruno qui devient son meilleur ami. Tout ceci sous l’œil bienveillant de son conseiller aux aides sociales (Bruno Podalydès) que Eisenstein initie à l’art de far niente. Une telle réussite peut-elle perdurer?

Tendre, bien joué et porté par des acteurs très séduisants, Libre et assoupi est un bain d’autodérision fort agréable. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un huis-clos parisien très théâtral que Benjamin Guedj a renoncé à utiliser toutes les potentialités de sa caméra. Les plans récurrents et en hauteur de l’antihéros habillé de manière colorée marchant à rebours de hordes de travailleurs en costumes gris et pressés, ou les scènes déjantées de danse, d’amitié et de nudité au musée sont autant de petites perles visuelles qui apportent joie et confort au spectateur. Un film générationnel mais universel, drôle mais tendre, où tout le monde est beau mais où l’on peut s’identifier. Un film cocon qui créé une belle illusion de sécurité. A voir, seul ou entre amis pour deux heures de détente authentique.

Libre et assoupi de Benjamin Guedj, Baptiste Lecaplain, Félix Moati, Charlotte Le Bon,Jean-Yves Bertheloot, Denis Podalydes, France, 1h33, Gaumont. Sortie le 7 mai 2014.

visuel : photo officielle du film

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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