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[Critique] « Les Jours Venus » : Romain Goupil se livre dans une auto-fiction intimiste et décalée

[Critique] « Les Jours Venus » : Romain Goupil se livre dans une auto-fiction intimiste et décalée

08 février 2015 | PAR Gilles Herail

Les Jours Venus pourra irriter pour son auto-centrage et son apparent je-m’en-foutisme. Mais Romain Goupil dépasse parfois la plaisante auto-caricature pour dessiner, en creux, un portrait testamentaire très personnel. Bancal et attachant. 

[rating=2]

Synopsis officiel: Le jour venu où vos enfants regardent votre passé comme si vous aviez fait Verdun. Le jour venu où une lettre administrative interroge votre âge et votre statut et vous pousse vers la retraite. Le jour venu où votre dernière idée de scénario ne se transforme pas en film. Le jour venu où votre nouvelle banquière vous convoque impérativement. Le jour venu où vous vous souvenez de votre rencontre avec Elle pendant la guerre à Sarajevo. Le jour venu où vous commencez toutes vos phrases par « avant ». Le jour venu où tout votre temps se décompte, les enfants grandissent, vos parents faiblissent. Le jour venu où vous rencontrez une jeune femme qui aime les vieux : les vieux mariés.

Le grand public connait peu Roumain Goupil, cinéaste rare et artiste connu pour son engagement militant. Les Jours Venus est un pur film d’auteur qui assume son format hybride qui pourra désarçonner les spectateurs. Le film mélange les époques, les images d’archives, les vidéos familiales, le réel et l’auto-fiction. Nous emmenant dans un immeuble d’artistes parisiens mais aussi à Sarajevo dans les années 1990. Cette forme très libre est à l’image d’un Romain Goupil qui n’a plus rien à prouver. Et transpose à l’écran ses questionnements, ses enthousiasmes et ses énervements. A la fois l’ancien gauchiste embourgeoisé qui pourrait devenir un vieux con. Le cinéaste dont les idées farfelues laissent sa productrice de marbre. Mais aussi le charmeur, le père de famille, le fils.

Romain Goupil se livre tout en se préservant, grâce aux nombreux décalages burlesques et aux détails étranges qui parsèment le film. Les jours venus nous permet d’entrer dans la tête d’un vrai personnage de cinéma. Car Romain Goupil laisse traîner sa nonchalance, ses coups de gueule, sa voix et son phrasé très identifiables. Valérie Bruni Tedeschi et Noémie Llovsky sont toutes deux très en forme et les seconds rôles sont excellents. On aime rencontrer cette famille, s’interroger sur la condition d’artiste, s’amuser de l’atmosphère fantasque de son film. Tout en gardant une forme de distance liée à la fabrication de bric et de broc d’un film très autocentré. Les Jours Venus représente bien les qualités et les défauts d’un certain cinéma d’auteur artisanal à la français. De la liberté, dans la forme et le ton. Mais une difficulté à sortir du cercle artistique des initiés.

Gilles Hérail

Une comédie de Romain Goupil avec Romain Goupil, Valérie Bruni Tedeschi, Marina Hands et Noémie Llovsky, durée 1h30, sortie le 4 février 2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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Gilles Herail

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