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[Critique] Les Interdits, un joli film intimiste sur les Ashkénazes d’URSS en 1979

[Critique] Les Interdits, un joli film intimiste sur les Ashkénazes d’URSS en 1979

20 novembre 2013 | PAR Olivia Leboyer

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Soko rayonne dans un joli film politique et intimiste sur le sort des Ashkénazes d’URSS à la fin des années 1970. En salles le 27 novembre 2013.

[rating=4]

Anne Weill, qui co-réalise Les Interdits, s’est librement inspirée d’une expérience de jeunesse, un voyage en URSS pour rencontrer secrètement des refuzniks. Librement, car ici le romanesque imprègne fortement le récit. Deux cousins, Carole et Jérôme, se rendent à Odessa en se faisant passer pour de jeunes fiancés. Si Carole est très concernée politiquement, Jérôme l’accompagne par amour. Le titre possède une double signification, renvoyant à ces rencontres interdites avec les Ashkénazes surveillés et bloqués en URSS, et à cet amour incestueux. Le charme du film tient à sa simplicité, l’espèce d’évidence qui se dégage du couple formé par Soko et Jérémie Lippmann. Avec des ingrédients a priori dramatiques, les réalisateurs évitent la lourdeur pour privilégier un ton singulier, entre cocasserie et émotion retenue. A l’image de Jérémie Lippmann, jeune homme un peu lunaire, lunettes sérieuses et regard ironique et profond. Légèrement décalé, venu là pour suivre Carole, il va faire l’apprentissage des liens d’amitié et d’admiration, en lisant le carnet d’un Ashkénaze soupçonné par le régime. Le voyage prend alors une autre dimension, initiatique. A ses côtés, Soko impressionne, comme à chacune de ses apparitions (Augustine d’Alice Winocour ou Bye Bye Blondie de Virginie Despentes, tous deux sortis l’an dernier). Ses beaux yeux graves et sa liberté insolente captivent. Et l’alchimie entre Soko et Jérémie Lippmann rend l’histoire d’amour très touchante.

Mais les temps du politique et de l’amour vont se contrarier, et l’histoire ne s’écrira pas comme prévu. L’intrigue se déroule sans craindre les rebondissements, mais en conservant, intacte, une certaine grâce.

Les Interdits, de Anne Weill et Philippe Kotlarski, France-Allemagne-Russie-Canada, 2013, 1h40, avec Soko, Jérémie Lippmann, Vladimir Fridman, Ania Bukstein, Alexandre Chacon, Martin Nissen, Artiom Tkachenko. Sortie le 27 novembre 2013.

visuels: affiche, photos et bande annonce officielles du film

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

One thought on “[Critique] Les Interdits, un joli film intimiste sur les Ashkénazes d’URSS en 1979”

Commentaire(s)

  • MONTORO Juana

    Présentation du film qui donne envie d’aller le voir.

    novembre 23, 2013 at 9 h 07 min

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