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[Critique] « Les âmes vagabondes » Andrew Niccol va s’en vouloir longtemps d’avoir adapté du Meyer

[Critique] « Les âmes vagabondes » Andrew Niccol va s’en vouloir longtemps d’avoir adapté du Meyer

20 avril 2013 | PAR Gilles Herail

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Andrew Niccol est un réalisateur culte, encensé par la critique pour Gattaca et de plus en plus critiqué, à tort. Lord of War était un chef d’œuvre absolu de cynisme et d’intelligence. In Time, malgré un dernier tiers accessoire proposait un univers de science-fiction passionnant malgré son manque de moyens. The Host est un naufrage. Une désillusion encore plus frustrante que le postulat de science-fiction était loin d’être inintéressant. Navrant.

120x160 Trilogie 11_01Il est évidemment facile de taper sur Stéphanie Meyer et sur Twilight (Mea Culpa, nous y avons aussi participé). L’arrivée d’Andrew Niccol sur la première adaptation post Twilight de l’auteur américaine avait de quoi surprendre. C’est la fausse bonne idée du film qui rappelle qu’on ne peut pas mélanger tout et n’importe quoi et que Michael Bay ne serait pas crédible pour réaliser The Artist. Les âmes vagabondes est raté de bout en bout malgré de très nombreuses bonnes idées qui n’arrivent jamais à surnager, engluées dans une sous histoire sans intérêt et une performance très contestable de l’actrice principale.

The Host, c’est pourtant ce vrai thème de science-fiction. Une espèce alien pacifique mais conquérante qui s’implante dans le cerveau de ses victimes pour coloniser des mondes et amener paix, douceur et prospérité. Un monde parfait qui fait directement penser à Huxley dans cette dictature du politiquement correct et de l’efficacité collective. Malgré ses aspects un peu cheap, le début du film a bien la patte de Niccol qui sait inventer des univers de science-fiction cohérents et crédibles (si l’on oublie les fautes de gout des voitures métallisées ridicules). L’argument de départ recèle de nombreuses facettes.

La dictature de la perfection. L’instinct de survie et de rébellion de l’espèce humaine. La résistance intérieure contre cette espèce parasite. Des thèmes qui appartiennent à la filmographie de Niccol et resurgissent dans de brèves incursions. Car on est avant tout chez madame Meyer. Qui ne peut s’empêcher de nous refourguer un trio amoureux avec deux éphèbes et une jeune cruche. La jeune cruche étant schizophrène par la force des choses pour ajouter du piment à cette histoire sentimentale on ne peut plus cul cul. Car The Host réussit l’exploit de mélanger dans une même scène des dialogues interminables sur “dois-je embrasser ou non l’ancien petit copain ou le nouveau” mais aussi une résistance de l’humanité à la Matrix attaquée par une Diane Kruger sous ecstasy.

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On s’ennuie dès que l’histoire s’enferme dans les grottes de la “résistance” à l’univers ridicule, tout le monde étant habillé comme dans un mauvais drame paysan moyenâgeux, à l’exception des deux beaux gosses qui se doivent de rester proprets pour séduire la belle. La voix off avec effet écho sous marin censé incarner la voix intérieure du personnage principale en désaccord avec son parasite colonisateur réserver quelques petites vannes bien senties. Qui nous font sourire et nous font oublier un instant le drame cinématographique qui se joue. Andrew Niccol n’a pas réussi à sauver le film, loin de là. Il va falloir se rattraper sur le prochaine pour ne pas s’aliéner les quelques résistants qui essaient encore de sauver son cinéma.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

One thought on “[Critique] « Les âmes vagabondes » Andrew Niccol va s’en vouloir longtemps d’avoir adapté du Meyer”

Commentaire(s)

  • clauzade

    Avant de critiqué tout et n’importe quoi, faites donc la même chose après on en reparle.
    J’ai lu le bouquin bien longtemps de voir que le film sortait sur grand écran. Le bouquin est génial, splendide et le film ne m’a pas déçu car j’ai retrouvé les principales scènes du livre.
    Donc au lieu de voir un film sans comprendre, lisez donc le livre et le film vous apparaîtra différent !
    merci

    avril 24, 2013 at 17 h 38 min

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