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[Critique] « Le temps des aveux » Régis Wargnier retourne en Indochine avec Raphael Personnaz. Un film maladroit et inachevé

[Critique] « Le temps des aveux » Régis Wargnier retourne en Indochine avec Raphael Personnaz. Un film maladroit et inachevé

20 décembre 2014 | PAR Gilles Herail

Produisant de belles images mais semblant ne pas savoir où aller, Le temps des aveux ne marquera pas le grand retour de Régis Wargnier. Occultant la violence et l’horreur, centrant son récit sur une histoire vraie qu’il échoue pourtant à rendre crédible, le film laisse un sentiment d’inachevé.

[rating=2]

Synopsis officiel: Cambodge, 1971. Alors qu’il travaille à la restauration des temples d’Angkor, François Bizot, ethnologue français, est capturé par les Khmers rouges. Détenu dans un camp perdu dans la jungle, Bizot est accusé d’être un espion de la CIA. Sa seule chance de salut, convaincre Douch, le jeune chef du camp, de son innocence. Tandis que le français découvre la réalité de l’embrigadement des Khmers rouges, se construit entre le prisonnier et son geôlier un lien indéfinissable…

La carrière de Régis Wargnier ne s’est jamais remise de l’immense succès d’Indochine. Le cinéaste humaniste s’était cherché dans l’adaptation d’un Vargas, le drame sportif (La Ligne Droite), la chronique historique (Man to Man). Mobilisant à chaque fois de beaux sujets dans des films souvent décevants. Le temps des aveux part une nouvelle fois d’une belle intention. Entretenir la mémoire du Cambodge et des massacres perpétués par les khmers rouges. Tout en nous contant un syndrome de Stockholm inversé où le bourreau se lie d’amitié avec sa victime. Hésitant entre le grand film exotique à la Indochine et le récit réaliste des geôles khmers, Le temps des aveux ne sait jamais sur quel pied danser. Les images sont belles, l’horreur à peine esquissée. Car Régis Wargnier s’intéresse surtout à la rencontre improbable entre cet ethnologue français interprété par Raphael Personnaz et le jeune chef de camp (qui deviendra par la suite chef d’une unité de torture et d’exécution de masse).

Cette relation inspirée de l’autobiographie de François Bizot ne parait jamais crédible à l’écran. Faute d’une écriture suffisante et en raison de dialogues trop signifiants que l’on retrouvait déjà dans La Ligne droite. La maladresse de Régis Wargnier se retrouve aussi dans une dramatisation aux ficelles trop voyantes dans tous les moments clefs. Voire des fautes de gout certaines sur plusieurs scènes, notamment au sein de l’ambassade. Raphael Personnaz n’est pas toujours crédible, manquant d’une direction claire. Et c’est plutôt le personnage de Douch qui intrigue, parfois. Le temps des aveux nous donne trop peu d’éléments pour comprendre la psychologie de cet homme trouble et mystérieux mais ses contradictions et son amitié indéfectible pour Bizot restent fascinantes. Trop peu pour sauver un film laissant un véritable goût d’inachevé.

Gilles Hérail

Le temps des aveux, un drame de Régis Wargnier avec Raphael Personnaz, durée 1H35, sortie le 17/12/2014 

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