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[Critique] « La femme au tableau », Helen Mirren magnifique en héritière viennoise spoliée par la nazis

[Critique] « La femme au tableau », Helen Mirren magnifique en héritière viennoise spoliée par la nazis

02 juillet 2015 | PAR Yaël Hirsch

Le réalisateur de My week with Marilyn, Simon Curtis adapte à l’écran une « histoire vraie » et néanmoins incroyable : celle de Maria Altmann, juive autrichienne exilé à Los Angeles, qui a obtenu en justice la restitution d’un des chefs d’œuvres nationaux autrichiens : le portrait par Gustav Klimt de sa tante, Adele Bloch-Bauer. Un film au scénario en or, et qui malgré quelques lourdeurs, réussit à émouvoir, grâce à ses acteurs. Sortie le 15 juillet 2015. 

[rating=4]

Fin des années 1990. A la mort de sa sœur, Louisa, Maria Altmann (Helen Mirren plus viennoise que nature!) réalise qu’il est possible pour elle de demander réparation d’une des plus belles pièces de ses parents spoliés et exterminés par les autorités nazies autrichiennes pendant la Guerre. Alors qu’elle-même s’est enfuie in extremis pour vivre la plus grande partie de sa vie en Californie, elle va chercher un jeune avocat quasiment dans sa « famille » puisque c’est le fils d’une bonne amie et le petite fils d’Arnold Schoenberg, Randy (Ryan Reynolds, parfait!). Au début, ce dernier la suit en réalisant la valeur du tableau. Mais un voyage à Vienne avec l’élégante Maria finit par le toucher dans ses racines, de même que la mauvaise foi de la commission de restitution, notamment quand il s’agit d’une toile exposée au Belvedère et qui est devenue « la Joconde autrichienne »… Un combat commence où l’identité autrichienne et la justice sont en question, mais aussi la force d’une vieille dame élégante et fière.

Très classique dans sa facture (flash-backs historiques réalistes en parfaits costumes, scènes de grandes déclarations de principes), la femme au tableau peut parfois faire montre de certaines lourdeurs. Le personnage de « bon » viennois rongé de culpabilité incarné par Daniel Brühl est par exemple une caricature et les moments de révélations psychologiques jouent un peu trop franchement la carte du mélodrame dans une histoire assez extraordinaire et grave pour se suffire à elle même. Mais malgré ces défauts évidents, le film fonctionne et on se laisse émouvoir, voire bouleverser. Et ce pour deux raisons majeures : d’abord la perspective finalement originale de la survivante qui veut récupérer son bien. Ni se venger, ni condamner. Il n’y a rien à « réparer », ce qui est brisé le reste, mais en revanche il faut reconnaître et condamner un vol, seule chose tangible qui rappelle le passé. Enfin l’autre grand joker de ce moment d’émotion c’est évidemment le duo qui le tient; Helen Mirren est époustouflante, n’en fait jamais trop ni sur l’accent, ni sur le côté vieille personne impertinente. Et en avocat vintage années 1990 un peu névrosé, et nénmoins petit-fils de Schoenberg (!) Ryan Reynolds est très fort, même s’il fait un peu tropnew-yorkais pour tout ce soleil californien. La femme au tableau se regarde avec passion et émotion, à voir en famille ou seul, sur grand écran!

La femme au tableau (Woman in Gold) de Simon Curtis a, avec Helen Mirren, Ryan Reynolds, dabiel Brühl, Katie Holmes, SND films, 110 min. Sortie le 15 juillet 2015.

visuel : photo officielle du film.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

One thought on “[Critique] « La femme au tableau », Helen Mirren magnifique en héritière viennoise spoliée par la nazis”

Commentaire(s)

  • Matthias Turcaud

    J ai malheureusement trouve pour ma part le film trop academique et trop sur de sa mecanique bien huilee pour pouvoir etre veritablement emu.

    août 22, 2015 at 11 h 50 min

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