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[Critique] « La Crème de la Crème », comédie dramatique trop contemplative mais sauvée grâce à un casting plein de saveur

[Critique] « La Crème de la Crème », comédie dramatique trop contemplative mais sauvée grâce à un casting plein de saveur

01 avril 2014 | PAR Hugo Saadi

Pour sa troisième réalisation, Kim Chapiron (Sheitan) décide de s’introduire dans l’une des meilleures écoles de commerce de France. Avec Dog Pound, il avait réussi à dresser le portrait d’un jeune détenu dans un établissement pénitentiaire pour mineurs sur le sol américain, cette fois-cil il manque le coche avec les étudiants dans La Crème de la Crème.

[rating=3]

Le réalisateur français nous présente Kelliah, Dan et Louis, trois jeunes censés être la future élite de la France, la crème des étudiants. Souhaitant pimenter leur quotidien, les 3 jeunes décident alors de mettre en pratique les cours qu’ils suivent en appliquant les lois du marché aux relations filles / garçons. Partant d’un simple système d’escort-girl visant à faire remonter la popularité de certains élèves, leur business se transforme rapidement en un réseau de prostitution estudiantine. Les étudiants en difficulté côté cœur se retrouvent alors à coucher avec de jolies jeunes filles à la recherche d’argent. Leur combine va rapidement faire le tour des campus générant des profits monstres mais également la colère des supérieurs.

Sur le papier le projet semblait fort alléchant, mais à l’écran c’est une autre histoire. Pourtant, ce teen-movie à la française démarrait plutôt bien, avec une immersion dans le monde de l’école de commerce assez réussie. Le réalisateur nous tenait en haleine grâce à une belle brochette d’acteurs, malheureusement le film s’épuise rapidement à partir du moment où Kim Chapiron tente de poser diverses questions sur des sujets multiples : le sexe chez les jeunes, le véritable amour, les racines de notre famille, l’avenir professionnel, l’opposition sociale (vraiment trop surlignée) etc … En effet, ces sujets resteront seulement à l’état d’ébauche car trop vite mis de côté pour suivre l’unique fil rouge : le rise & fall de la bande des trois.

C’est donc embêtant de se retrouver au cœur d’un ensemble qui nous attire et nous repousse en même temps. Attiré par une représentation, une ambiance et des acteurs qui nous séduisent à travers leurs beuveries et leurs problèmes sentimentaux, mais repoussé par cet éparpillement du réalisateur dans ses choix narratifs qui finissent par ne jamais former un tout. Kim Chapiron se contente seulement de nous montrer les choses sans jamais les expliquer, il brasse de l’air et malgré le fait que La Crème de la Crème soit doté de nombreux discours, on se demande souvent si le film en prône un. Là est tout le problème, où est-ce qu’il veut nous emmener, que veux-t-il questionner ? Heureusement le fil rouge précédemment évoqué maintient le film sur des rails jusqu’à son final légèrement surprenant.

Ce qu’il faudra surtout retenir de La Crème de la Crème c’est l’aspect teen-movie qui fonctionne grâce aux acteurs et notamment la jeune et jolie Alice Isaaz et le comique au physique simple Thomas Blumenthal. Il en va de même pour Jean-Baptiste Lafarge, le sourire tranchant et la chemise toujours soyeuse ainsi que Karim Ait M’Hand, second rôle trop rapidement mis de côté. On pardonnera donc à Chapiron son manque d’efficacité à l’écriture grâce à sa bonne direction d’acteurs et sa mise en scène énergique.

La Crème de la Crème, un film de Kim Chapiron, avec Alice Isaaz, Thomas Blumenthal, Jean-Baptiste Lafarge, comédie dramatique française, 1h30. Sortie le 2 avril 2014.

 

© Wild Bunch

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Hugo Saadi

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