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[Critique] « Jamais entre amis » comédie romantique peu subversive de la réal de Bachelorette

[Critique] « Jamais entre amis » comédie romantique peu subversive de la réal de Bachelorette

12 septembre 2015 | PAR Gilles Herail

Présentée à Deauville, la nouvelle comédie de Leslye Headland après Bachelorette essaie de mettre à jour le genre balisé de la romance et à capter l’essence d’un couple « moderne ». Quelques bons mots et une complicité évidente des acteurs Jason Sudeikis et Alison Brie ne suffisent pourtant pas à sortir Jamais entre amis de la masse des productions similaires.

[rating=2]

Synopsis officiel : Jake et Lainey ont perdu ensemble leur virginité sur un coup de tête à l’université. Quand ils se recroisent 12 ans plus tard à New York, ils réalisent tous les deux qu’ils sont devenus des champions de l’infidélité. Prêts à tout pour trouver des solutions à leur problème, ils s’engagent dans une relation platonique sans tabous afin de s’entraider dans leur quête du véritable amour.

Bachelorette avait bénéficié en son temps d’une bonne rumeur, se présentant comme un American Pie au féminin. Le film faisait parfois sourire mais se retrouvait souvent à embrasser les stéréotypes sexistes qu’il souhaitait pourtant transgresser. Même impression de tromperie sur la marchandise avec Jamais entre amis qui sous ses airs d’anti comédie romantique dérive lentement mais surement vers une morale toute conventionnelle. Le deuxième film de Leslye Headland se propose de suivre l’histoire d’une amitié homme / femme. Un presque-couple qui a perdu sa virginité ensemble à la fac et se retrouve des années plus tard dans un groupe de parole pour sex-addicts. S’entendant à merveille mais voulant éviter de se détruire mutuellement, ils s’organisent alors pour conserver une relation platonique, utilisant un mot de code pour désamorcer les situations de désir mutuel. Le principe ressemble au pitch d’un Un Jourqui suivait deux âmes-sœurs décidant de rester amis. Mais la passion et le mélodrame laissent ici place à la pure comédie.

Le couple d’acteurs trouve ici une vraie complicité. On connaissait le talent comique de Jason Sudeikis, très à l’aise, mais Alison Brie est également une vraie révélation, trouvant toute sa place face à son partenaire de jeu. La qualité d’interprétation se retrouve également chez les seconds rôles, qui apportent un peu de folie, notamment l’étonnant couple d’amis du personnage principal. C’est au niveau de l’écriture que le film rame un peu, tant sur l’évolution de la bromance homme-femme que pour le rythme de la comédie. On relève ici et là des grands moments, notamment un hilarant cours de masturbation prodigué par un Jason Sudeikis très investi. Mais Jamais entre amis est souvent trop verbeux, se complaît dans ses bons mots, ses références artistiques et culturelles. Un manque de naturel, de fraîcheur. Un texte trop pensé, dialogué, sous-pesé. L’ambition d’Apatow au féminin était intéressante mais Jamais entre amis n’arrive pas à la cheville d’un This is 40 (40 ans mode d’emploi) avec Paul Rudd, qui bénéficiait d’un scénario beaucoup plus solide. Déception donc pour une comédie romantique se pensant hype, un peu survendue, et finalement pas beaucoup mieux que le reste du peloton.

Gilles Hérail

Prémonitions, une comédie romantique américaine de Leslye Headland avec Jason Sudeikis, Alison Brie et Adam Scott, durée 1h41, sortie le 09/09/2015

Visuels : © photos officielles et affiches officielles des films

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