A l'affiche
[Critique] « Hedi », portrait d’un tunisien libre par Mohamed Ben Attia

[Critique] « Hedi », portrait d’un tunisien libre par Mohamed Ben Attia

15 décembre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Grand vainqueur du Festival du Film Indépendant de Bordeaux, primé à la dernière Berlinale, Hedi, premier long métrage de Mohamed Ben Attia dresse le portrait émouvant d’un jeune tunisien en quête de liberté. En salles le 28 décembre 2016.
hedi

[rating=4]
Sur le point de se marier dans les règles de la tradition, le jeune Hedi (Majd Mastoura, charmant discret et toujours juste) est sous la coupe de sa mère et de son frère aîné dans la ville de Kairouan. Il a néanmoins un peu de liberté de ce carcan familial quand il conduit sa voiture de commercial et qu’il essaie de vendre des produits Peugeot un peu loin de chez lui. A l’occasion d’un de ces voyages professionnelles à Mahdia, ville côtière désertée par la crise, il rencontre la vivante Rym (Rym Ben Messaoud). Une femme libre, indépendante et qui vient réveiller chez lui amour et goût de la liberté.

Porté par un acteur très émouvant (Ours d’argent à la dernière Berlinale) et suivant un rythme tout à fait maîtrisé, Hedi ouvre sur a Tunisie des années 2010 avec nuances et subtilité. Le matriarcat pesant, l’atmosphère nostalgique et romantique d’une ville côtière touristique en berne et la mue du héros de citoyen et fils docile en homme, sont autant de points de repère et d’ancrage pour le spectateur. Un mystère plane, puis la tension monte jusqu’à l’explosion finale. Un film qui permet d’avoir un autre point de vue sur le printemps arabe et que l’on aimerait bien voir rallier les amateurs de cinéma indépendant pendant les fêtes de Noël.

Hedi, de Mohamed Ben Attia, avec Majd Mastoura, Rym Ben Messaoud, Sabah Bouzouita, Tunisie, 2015. Bac Films. Sortie le 28 décembre 2016.

visuels : affiche et photo officielles.

La saison 2017-2018 de l’Opéra de Paris dévoilée par erreur ?
[Crtitique] Joyeux Bordel!, la comédie fofolle de Noël avec Aniston et Bateman
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *