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[Critique] « Les Minions » le film : Moi, Moche et Méchant s’offre un spin-off sympathique mais frileux

[Critique] « Les Minions » le film : Moi, Moche et Méchant s’offre un spin-off sympathique mais frileux

11 juillet 2015 | PAR Gilles Herail

Après Moi Moche et Méchant 1 et 2, les ultra populaires minions méritaient bien un film tout entier en leur honneur. On aurait aimé plus de cinéma muet, moins d’humains, de dialogues et de voix-off. Mais la force comique de ces étonnants petits personnages fait passer la pilule. Frileux mais plutôt sympathique.

[rating=2]

Synopsis officiel : A l’origine de simples organismes monocellulaires de couleur jaune, les Minions ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjectes les une que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression.

Il y avait matière à concevoir un grand film absurde radical qui mette uniquement en scène les minions, en groupe, sans personnages secondaires et sans dialogues. On comprend dès les premières minutes que l’option choisie est malheureusement moins ambitieuse. Une voix-off commente les faits et gestes des minions, qui se suffisent pourtant à eux-mêmes. 3 minions sont sélectionnés comme « héros du film » et la bêtise collective du groupe ne peut pleinement s’exprimer. Le scénario fait tout ce qu’il peut pour multiplier les personnages humains, déclamant des tartines de dialogues, pour maintenir les minions dans leur rôle d’arrière-plan comique. L’animation très fluide du studio McGuff donne toujours ce même sentiment d’élasticité dans l’action et l’on sourit souvent devant les gags burlesques. Mais on ne peut s’empêcher de penser que ce spectacle éminemment sympathique aurait pu assumer des choix un peu plus radicaux. En se désolant que ces merveilleux personnages n’aient pas eu droit à un film à leur hauteur.

Car loin d’être de simples petits animaux rigolos, Les Minions sont une véritable création originale, pensée et réfléchie. Des créatures définies par une psychologie étrange mais cohérente, alliant la bêtise, le potache, la couardise, la trivialité mais aussi le sens de l’honneur et l’esprit de cohésion. Sans compter bien sûr l’obsession des « bananas ». Une caractérisation étonnante complétée par une utilisation très intelligente du langage, qui les rend unique. Cet espéranto mélangeant tout et n’importe quoi, au sein duquel on reconnait des onomatopées, de l’italien, du français, de l’espagnol, et du charabia. Un mode d’expression qui permet de plonger dans l’absurde le plus complet. Et transforme n’importe quelle réplique anodine en moment d’hilarité générale. Les Minions s’autorisent parfois à laisser le spectateur se débrouiller face au bougli-bougla de ses protagonistes et leurs discours sans queue ni tête. On ne comprend pas tout mais le non-sens fonctionne et les adultes présents (en nombre) dans la salle se bidonnent. Dommage que cela ne se produise que pour de brefs instants au sein d’un film qui a voulu viser large et ne pas prendre de risques.

Gilles Hérail

Les Minions, une comédie d’animation de Pierre Coffin et Kyle Balda avec la voix de Sandra Bullock, durée 1h31, sortie le 8 juillet 2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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