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[Critique] « Electrick Children », un road movie électrique

[Critique] « Electrick Children », un road movie électrique

24 juin 2013 | PAR Hugo Saadi

[rating=3]

Pour son premier film, la jeune réalisatrice américaine Rebecca Thomas signe une sorte de road movie bien agencé et très rythmé avec comme point de départ une communauté mormone fondamentaliste, vivant de façon traditionnelle et reculée sur la société. Puisant dans son expérience personnelle (Rebecca Thomas a été élevée dans le mormonisme non fondamentaliste à Las Vegas), elle donne une dimension humaine à son premier film, le rendant beau et passionnant.

« Electrick Children » retrace le parcours atypique de Rachel (interprétée par Julia Garner), une jeune fille qui, le jour de son 15ème anniversaire découvre par hasard sur un vieux magnéto, une chanson jouée par un rockeur inconnu. Elle découvre l’art de la musique et vit ce moment comme une expérience unique, incroyable et mystique. Quelques mois plus tard, elle se retrouve enceinte et soutient que c’est ce fameux morceau qui en est à l’origine. Ses parents refusent de croire à cet acte et décident alors de la marier de force. Mais Rachel, convaincue de cette immaculée conception, décide de s’enfuir de chez elle avec comme destination Las Vegas afin de retrouver le rockeur qui est sur cette fameuse cassette. Arrivée dans la ville du vice aux couleurs artificielles, Rachel va se lier d’amitié avec Clyde (Rory Culkin), un jeune garçon qui va lui faire découvrir la vraie vie et qui va l’accompagner dans sa quête de la vérité.

Electrik-Children afficheLe film peut être considéré alors comme un road movie musical qui se découpe en trois temps. Le premier expose parfaitement la vie dans la communauté mormone de l’Utah où elle a grandi avec ses nombreuses sœurs et son père le pasteur. La prière et l’obéissance sont les maitres mots de cette première partie, qui va contraster avec les deux suivantes. Effectivement, le second temps est marqué par la découverte de la « civilisation » à travers les yeux de la jeune fille mormone. Elle va se dévergonder petit à petit (premières injures) et connaitre ses premières embrouilles. La réalisatrice arrive à dépeindre cette immersion sans gros sabots, l’ensemble est bien dosé. Enfin la dernière partie possède de nombreux twists qui pimentent le scénario et lui offrent également une bonne touche d’humour qui est la bienvenue pour conclure le métrage sur un rythme fort agréable.

Loin des clichés et des caricatures, Rebecca Thomas soigne son film et arrive à le calibrer brillamment. Aucun moment d’ennui est à signaler et l’histoire qui est véritablement originale arrive à nous surprendre quand on ne s’y attend pas. Elle met également en scène avec facilité et correctement les codes des différents groupes sociaux sans oublier l’importance que notre éducation et notre culture jouent dans ces moments là. Sans tomber non plus dans un développement trop basé sur la psychologie des personnages et notamment celui de Rachel, Rebecca Thomas livre un film fluide et constant.Enfin le film est porté par les deux jeunes acteurs, Julia Garner (que Loin des clichés et des caricatures, Rebecca Thomas soigne son film et arrive à le calibrer brillamment. Aucun moment d’ennui est à signaler et l’histoire qui est véritablement originale arrive à nous et l’on avait déjà pu voir Julia Garner dans le très bon « Martha Marcy May Marlene » de Sean Durkin) et ses cheveux blonds or, et Rory Culkin et ses airs de vagabond. Sans oublier bien évidemment une bande son très rock ‘n’ roll qui électrise comme il se doit le film.

« Electrick Children », un film de Rebecca Thomas, avec Julia Garner, Rory Culkin, Liam Aiken, Comédie dramatique, États-Unis, 1h33. Au cinéma le 26 juin 2013.

 

visuels (c) : affiche et images issues du film, Bac Films

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Hugo Saadi

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