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[Critique] « Du goudron et des plumes » : une nouvelle fantaisie sociale pour Pascal Rabaté

[Critique] « Du goudron et des plumes » : une nouvelle fantaisie sociale pour Pascal Rabaté

08 juillet 2014 | PAR Gilles Herail

Pascal Rabaté revient avec un film qui lui ressemble beaucoup, dans la lignée des Petits Ruisseaux et de Ni à vendre ni à louer. Une comédie sociale mélancolique agrémentée de petites fantaisies de mise en scène. Du goudron et des plumes manque d’ampleur mais pas de charme.
[rating=3]

Synopsis officiel: L’été arrive à Montauban, avec les vacances, les barbecues… et le « Triathlon de l’été », compétition populaire télédiffusée. Christian, divorcé et commercial aux petites combines, n’a d’autre joie que sa fille de 12 ans. Par amour pour elle et pour racheter tous ses petits mensonges, il accepte de participer à ce grand rendez vous sportif. Le jour où il rencontre Christine, mère célibataire et enceinte, tout semble concorder pour que Christian prenne un nouveau départ.

Difficile de détester le cinéma de Pascal Rabaté. Un cinéma qui se veut populaire tout en faisant des choix de mise en scène, en réfléchissant à l’image, aux cadres et en cherchant des petits détails décalés et fantaisistes. Du goudron et des plumes regorge d’idées picturales, dans la lignée des Wes Anderson, Tati, Sylvain Chomet et cie (en plus discret). Le fond chez Rabaté est toujours social, s’inscrivant dans un environnement de petites banlieues pavillonnaires et de classes populaires trop rarement représentées dans le cinéma français. On nous parle ainsi avec empathie de l’intégration d’une famille ouvrière maghrébine, des liens de voisinage et des villes moyennes en difficulté. Sami Bouajila incarne avec brio le personnage principal, Christian, caractérisé par son incapacité à terminer les choses, à s’engager, à jouer fair-play, habitué à enchaîner des combines pour s’arranger avec la réalité et tenir comme il peut. Le film est avant tout le récit initiatique de sa transformation, grâce à une rencontre (Isabelle Carré, dans un rôle qu’elle a déjà beaucoup joué) et la préparation de ce fameux triathlon qui sert de fil rouge au film. Du goudron et des plumes nous offre en cadeau des séquences hilarantes avec Daniel Prévost et Zinedine Soualem, qui volent la vedette à chacune de leurs apparitions en papy pas vraiment gâteau ou en dépressif chronique. Du goudron et des plumes est un film agréable, qui décolle après des scènes d’introduction assez peu réussies, mais ne s’envolera jamais très haut. C’est surement le principal reproche que l’on pourra adresser au film et à son réalisateur. Une certaine mollesse, une incapacité à donner plus de souffle, plus de folie, plus d’émotion dans son cinéma artisanal, plein de cœur et de charme mais manquant parfois de nerf.

Gilles Hérail

Du goudron et des plumes, une comédie dramatique de Pascal Rabaté avec Sami Bouajila, Isabelle Carré et Daniel Prévost, durée 1h31, sortie le 9 juillet 2014

Bande-annonce et visuels officiels du film.
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Gilles Herail

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