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[Critique] du film « Kubo et l’armure magique » nouvel enchantement visuel made in Laika

[Critique] du film « Kubo et l’armure magique » nouvel enchantement visuel made in Laika

24 septembre 2016 | PAR Gilles Herail

Le studio Laika continue de tracer sa route singulière dans le paysage de plus en plus uniformisé de l’animation grand public. Kubo et l’armure magique est un nouvel enchantement visuel après Coraline et les Boxtrolls. Un récit initiatique qui sait prendre le temps d’évoquer des sentiments complexes sur l’identité et la mémoire tout en nous embarquant dans un univers d’une incroyable richesse. Notre critique.

[rating=3]

Synopsis officiel: Kubo est un être aussi intelligent que généreux, qui gagne chichement sa vie en sa qualité de conteur, dans un village de bord de mer. Cette petite vie tranquille, ainsi que celle de ses compagnons Hosato, Hashi et Kamekichi va être bouleversée quand par erreur il invoque un démon du passé. Surgissant des nues cet esprit malfaisant va abattre son courroux sur le village afin d’appliquer une vindicte ancestrale.

Le studio Laika fait figure d’irréductible résistant dans le paysage de plus en plus uniformisé de l’animation hollywoodienne. Les créateurs de Coraline, Les Boxtrolls et L’étrange pouvoir de Norman continuent de tracer leur chemin singulier, mêlant stop-motion et CGI pour un résultat plastique unique. Kubo et l’armure magique est avant tout un véritable enchantement visuel, nous embarquant dans un Japon médiéval où la magie se mêle aux traditions. Laissant libre cours à l’imagination des animateurs qui rivalisent de créativité pour dessiner des tableaux d’une incroyable richesse. Accompagnés d’une musique originale entêtante modernisant intelligemment ses accords japonais. La mise-en-scène se refuse à l’hystérie généralisée des productions enfantines contemporaines pour aller chercher le détail, la finesse, la construction réfléchie de chaque séquence. Et la première demie-heure recèle parmi les plus beaux moments animés de l’année.

Kubo et l’armure magique perd un peu de son originalité par la suite en embarquant son personnage principal dans une quête assez formatée où apparait un second rôle comique peu utile à l’histoire. Le récit initiatique suit très fidèlement les règles du genre et on aurait aimé que la prise de risque esthétique se retrouve également dans l’écriture. Kubo et l’armure magique touche pourtant en évoquant des thématiques intimes complexes, sur l’identité, la mémoire la réalisation de soi. Les dialogues évitent la caricature, prenant le temps d’explorer les sentiments diffus et complexes qui traversent le parcours psychologique de son jeune héros. Et l’amour de la tradition orale et du conte offre des séquences magnifiques où le jeune narrateur anime des personnages en origami pour raconter l’épopée mythique de sa famille. De l’animation accessible pour les enfants tout en proposant une vraie démarche artistique.

Gilles Hérail

Kubo et l’armure magique, un film d’animation américain de Travis Knight, durée 1h42,  sortie le 21/09/2016

Visuels : © affiche et bande-annonce officielles du film
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Gilles Herail

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