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[CRITIQUE] « Dark Places » de Gilles Paquet-Brenner, une nouvelle adaptation de Gillian Flynch

[CRITIQUE] « Dark Places » de Gilles Paquet-Brenner, une nouvelle adaptation de Gillian Flynch

03 avril 2015 | PAR Simon Théodore

Gillian Flynn a le vent en poupe. Après le succès de l’adaptation, par David Fincher, de son roman Gone Girl, c’est au tour de Dark Places, publié en 2009, d’être adapté pour le grand écran. Réalisé par le français Gilles Paquet-Brenner (Gomez et Tavarez, Elle s’appelait Sarah), ce nouveau thriller sortira en salle le 8 avril.

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L’histoire met en scène Libby Day (Charlize Theron) dont la famille a été assassinée en 1985. Témoin des faits et complètement abasourdie, la fillette accuse son frère Ben (Tye Sheridan/Corey Stoll) d’avoir commis ces atrocités. Vingt ans plus tard, cette sordide histoire est reprise par le « Kill Club » (des passionnés adaptant les crimes en série en jeux de rôle). À l’initiative de Lyle (Nicolas Hoult), ils encouragent la jeune femme, perdue et dans le besoin, à se replonger dans ses souvenirs pour retrouver le vrai coupable. Alors que le scénario fait des aller-retours incessants entre une Amérique des années 1980 et celle d’aujourd’hui, Gilles Paquet-Brenner prend soin de laisser trainer nombre d’indices au fil de l’histoire.

Apprenti sataniste et fan de heavy metal, l’adolescent Ben était le coupable idéal… En reprenant des thématiques chères à Gillian Flynn, ce film dresse aussi un portrait social d’une Amérique touchée de plein fouet par la crise agricole des années 1980. Cette histoire résonne comme un écho à certains faits divers, où dans les états les plus puritains et sous la pression publique, des adolescents adeptes de musique diabolique ont été pris comme bouc-émissaires et sont, encore aujourd’hui, incarcérés.

Alors qu’une véritable tension psychologique pesait dans Gone Girl, cette nouvelle adaptation nous invite plutôt à suivre Libby Day dans son enquête et sa plongée dans une Amérique en détresse. Malgré un dénouement inattendu et quelques rebondissements dans la dernière demi heure, l’effet de surprise n’est pas forcément au rendez-vous de ce que l’on attend d’un bon thriller. Malgré le ton grave de ce long métrage, la noirceur psychologique des personnages n’est pas assez creusée. De la même manière, la thématique de l’hyper médiatisation des faits divers et cette fascination pour le morbide, que l’on retrouve dans l’oeuvre de la romancière américaine, sont esquissées à travers ce « Kill Club » mais auraient pu être plus développées.

Malgré la bonne prestation de Charlize Theron en femme paumée, ce Dark Places n’aura probablement pas le même succès que son aînée. Paradoxalement, le projet du réalisateur français a été entamé avant la production de David Fincher. Les amateurs de thriller n’y verront pas le film de l’année mais, à aucun moment, l’ennui ne se fait ressentir. Ce film est une invitation à découvrir l’univers de Gillian Flynn. Il ne vous restera donc plus qu’à vous procurer ses livres…

Dark Places, un film de Gilles Paquet-Brenner avec Charlize Theron, Nicolas Hoult, Chloe Grace Moretz, Christina Hendricks, Corey stoll et Tye Sheridan. Durée : 1h53. Sortie le 8 avril.

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Simon Théodore

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