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[Critique] « Big Eyes » Tim Burton modeste conteur d’une étonnante histoire de fraude avec Amy Adams et Christoph Waltz

[Critique] « Big Eyes » Tim Burton modeste conteur d’une étonnante histoire de fraude avec Amy Adams et Christoph Waltz

21 mars 2015 | PAR Gilles Herail

Tim Burton nous avait laissé de mauvais souvenirs avec ses blockbusters boursouflés. Il délaisse ici tout effet de manche pour nous raconter une étonnante histoire de fraude artistique. Classique et bien mené, Big Eyes est un petit divertissement qui mise tout sur son intrigant fait divers. Ni plus ni moins.

[rating=3]

Synopsis officiel: BIG EYES raconte la scandaleuse histoire vraie de l’une des plus grandes impostures de l’histoire de l’art. À la fin des années 50 et au début des années 60, le peintre Walter Keane a connu un succès phénoménal et révolutionné le commerce de l’art grâce à ses énigmatiques tableaux représentant des enfants malheureux aux yeux immenses. La surprenante et choquante vérité a cependant fini par éclater : ces toiles n’avaient pas été peintes par Walter mais par sa femme, Margaret. L’extraordinaire mensonge des Keane a réussi à duper le monde entier. Le film se concentre sur l’éveil artistique de Margaret, le succès phénoménal de ses tableaux et sa relation tumultueuse avec son mari, qui a connu la gloire en s’attribuant tout le mérite de son travail.

Tim Burton fait partie des réalisateurs-marques. Dont on vend un film sur le seul nom, autant voir plus que celui des acteurs. Un label qui bat sérieusement de l’aile depuis plusieurs années. Avec les boursouflés Charlie et la chocolaterie et Alice au pays des merveilles, pas à la hauteur de ouvrages adaptés et un Dark Shadows qui ne valait que pour le charisme de Michelle Pfeiffer en second rôle. C’est en revenant à l’animation que Tim Burton a entretenu la flamme, avec Les Noces Funèbres et surtout l’excellent FrankenweenieBig Eyes ne marque pas le grand retour du génial cinéaste mais le débarrasse au moins des effets de style outrés de ses récentes associations avec Johnny Depp. La caméra s’efface derrière le sujet pour nous faire suivre une histoire abracadabrantesque de fraude artistique et s’intéresser à un étonnant personnage de mythomane mégalomane pris à son propre piège. 

Tim Burton s’amuse dans un univers de l’après-guerre qu’il affectionne, avec ses costumes, ses coupes de cheveux, ses couleurs vives. Et Big Eyes s’en donne à cœur joie dans un festival de kitsch assez savoureux, à l’image des surprenants tableaux de Margaret Keane. Empruntant au genre de la comédie d’arnaque, le film suit en crescendo les conséquences d’un petit mensonge qui deviendra une supercherie mondiale. Avec un poil de facilité, le cinéaste démonte les mécanismes de la création des modes. S’amusant de la facilité avec laquelle un excellent commercial va duper tout le monde et sciemment créer le buzz pour massifier, sur tous les supports, la diffusion de « ses » œuvres. Christoph Waltz ne surprend pas mais tient sa performance, allant toujours plus loin dans l’absurde, voire la folie, culminant dans une scène de procès surréaliste.

Faisant confiance à la force de frappe de son histoire, Big Eyes déroule son scénario avec efficacité mais réduit le personnage de Magaret Keane à une simple victime du machisme ambiant d’une société patriarcale. La thématique de Big Eyes était pourtant proche d’Ed Wood où Burton démontrait une réelle fascination pour ce cinéaste fauché fabriquant d’improbables séries Z. Mais Margaret Keane n’a pas le droit au même traitement et l’on manque de temps pour s’interroger sur le véritable malaise que provoquent ces immenses yeux d’enfants qu’elle peint sans trop savoir pourquoi. Trop occupé à bien chiader son histoire de couple et d’arnaque, Burton en oublie un peu le mystère de l’artiste et de sa peinture, malgré une interprétation sans failles d’Amy Adams.

Gilles Hérail

Visuels et bande-annonce officiels.
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