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[Critique] « After Earth », blockbuster intimiste injustement décrié

[Critique] « After Earth », blockbuster intimiste injustement décrié

24 juin 2013 | PAR Gilles Herail

[rating=3]

Il est à la mode de dénigrer l’ancien chouchou de la critique.  Shyamalan serait devenu un Yes Man sans ambition vendu aux gros studios. After Earth, malgré tous ses défauts (et ils sont nombreux) est un film très personnel. Un « survival movie » sans seconds rôles, dans un univers épuré où seuls comptent le contrôle de la peur et la communication entre un père et un fils. Pas vraiment le blockbuster pompier cherchant à séduire les foules à tout prix.

afficheSynopsis Officiel: Après un atterrissage forcé, Kitai Raige et son père, Cypher, se retrouvent sur Terre, mille ans après que l’humanité a été obligée d’évacuer la planète, chassée par des événements cataclysmiques. Cypher est grièvement blessé, et Kitai s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Il va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et dominent à présent la planète, et combattre une créature extraterrestre redoutable qui s’est échappée au moment du crash.
Pour avoir une chance de rentrer chez eux, père et fils vont devoir apprendre à œuvrer ensemble et à se faire confiance….

M Night Shyamalan est mort, vive le roi. Depuis Phénomènes, le réalisateur a perdu l’amour de la critique et progressivement du public. After Earth est un bide, à peine rattrapé par une carrière correcte en dehors des Etats-Unis. Shyamalan a réussi l’impossible. Faire échouer un film avec Will Smith, acteur le plus populaire des années récentes. Comme Phénomènes, After Earth détourne un genre spectaculaire pour raconter de l’intime. En évitant les explosions pour se concentrer sur des détails, sur l’aspect organique de la peur.

After Earth ose un dispositif extrêmement ambitieux dans un film qui se veut grand public. Après une introduction efficace mais sans génie, nos deux héros sont envoyés sur Terre et le vrai film commence. Ne cherchez pas de bestiaire intéressant, de paysages incroyables ou de créations à la Avatar. La science-fiction est un prétexte pour raconter une histoire beaucoup plus simple. Et un moyen original d’amener de bonnes idées de scénarios. Papa Smith utilise la technologie pour suivre son fils sur des caméras de surveillance, contrôler son état de santé etc… Le fils est une quasi marionnette manipulée à distance par un père aux jambes brisées coincé dans son cockpit.

Comme on l’attend, la liaison entre les deux est interrompue et le fils Smith va devoir prendre son envol et affronter ses peurs lui même. After Earth est court. 1h30. Suffisant pour ce récit initiatique souvent prenant, grâce à une réalisation sobre et efficace et des acteurs impliqués. Jaden n’a pas le charisme de son père mais fait le boulot avec une touche d’ingénuité intéressante, loin du charisme malicieux de Will. After Earth est donc un bon (petit) film et un vrai pari de producteur. Pari raté donc mais échec injustifié.

Gilles Herail

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Gilles Herail

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