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[Critique] « A la poursuite de demain » George Clooney dans un film de Brad Bird amoureux de science et de rêveurs

[Critique] « A la poursuite de demain » George Clooney dans un film de Brad Bird amoureux de science et de rêveurs

24 mai 2015 | PAR Gilles Herail

Tomorrowland n’est pas un chef d’oeuvre mais peut compter sur sa sincérité à toute épreuve. Brad Bird convie ses modèles du passé pour nous proposer un grand spectacle d’aventures qui croit dur comme fer au pouvoir de la science, des inventeurs et des rêveurs. De la science-fiction inventive et optimiste qui respecte son public familial et nous laisse sourire aux lèvres.

[rating=3]

Synopsis officiel: Casey, une adolescente brillante et optimiste, douée d’une grande curiosité scientifique et Frank, un homme qui fut autrefois un jeune inventeur de génie avant de perdre ses illusions, s’embarquent pour une périlleuse mission. Leur but : découvrir les secrets d’un lieu mystérieux du nom de Tomorrowland, un endroit situé quelque part dans le temps et l’espace, qui ne semble exister que dans leur mémoire commune… Ce qu’ils y feront changera à jamais la face du monde… et leur propre destin !

Tomorrowland est un grand film d’aventure motivé par l’amour de la science et des inventeurs. De la science-fiction optimiste et pleine d’espoir, qui croit aux brillants rêveurs. A ceux qui cherchent à comprendre le pourquoi des choses et suivent leurs intuitions jusqu’au bout. Brad Bird cite ses modèles, de Jules Verne à Edison en passant par Gustave Eiffel. On pense au Hugo Cabret de Martin Scorsese pour l’aspect rétro-fantastique et le respect des génies techniques. On retrouve aussi le propos du récent Les Nouveaux héros, également produit par Disney et mettant en scène un jeune  surdoué passionné de sciences et de création.

Tomorrowland est un des blockbusters les plus inventifs de ce début d’année et tente beaucoup de choses même si le résultat manque parfois de consistance. La narration s’amuse à changer de point de vue, avec humour et distance, quand les deux héros se battent pour raconter leur vision de l’histoire. Les sous-intrigues sont multiples (certaines sont malheureusement sacrifiées) et la densité du propos fait plaisir. Brad Bird reste fidèle à ce qui fait son cinéma et à un certain esprit Pixar. Une ambition de divertissement ludique intelligent, avec une bonne dose d’humour, qui recherche en permanence des idées. Et on ne se souvient pas d’un aussi grand foisonnement dans un film de science-fiction grand public depuis l’Interstellar de Christopher Nolan.

Brad Bird construit tout son film autour d’un propos : l’hommage aux explorateurs, aux curieux obstinés qui peuvent changer le monde en ne se résignant jamais. Ceux dont l’intelligence et le potentiel sont illimités car leur moteur reste l’émerveillement d’une âme d’enfant. A la poursuite de demain est bien un grand film d’aventures familial, qui en met plein la vue au niveau des décors et des rebondissements. Mais reste toujours à hauteur d’homme, et même d’enfant. Car Brad Bird nous raconte peut être avant tout une grande histoire d’amour impossible. Celle d’un enfant épris d’une petite fille qui n’ose lui révéler qu’elle est un robot, incapable d’avoir des sentiments. Ce jeune rêveur banni de Tomorrowland qui deviendra l’adulte faussement ronchon et profondément romantique incarné par George Clooney.

Malgré du fun, des idées, un propos, des images et une vraie réalisation, A la poursuite de demain n’est malheureusement pas toujours aussi brillant qu’il aurait pu l’être, souffrant d’un trop plein difficile à inscrire dans une production Disney visant le grand public. Ces quelques réserves à part, on reste infiniment reconnaissant à Brad Bird de redonner ses lettres de noblesse au genre de la science-fiction d’aventure. L’enthousiasme et la passion du réalisateur emportent le morceau et l’on espère un large succès public pour cette production Disney de qualité.

A la poursuite de demain, un film d’aventures et de science-fiction de Brad Bird avec George Clooney, durée 2h10, sortie le 20 mai 2015

Bande-annonce et visuels officiels.

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Gilles Herail

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