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[Critique] « À ceux qui nous ont offensés » : virée agitée chez les marginaux anglais

[Critique] « À ceux qui nous ont offensés » : virée agitée chez les marginaux anglais

01 mars 2017 | PAR Hugo Saadi

D’ordinaire cantonné aux séries télés (Doctor Who, Skins), Adam Smith passe pour la première fois à la réalisation cinéma avec À ceux qui nous ont offensés, un drame social mouvementé avec Michael Fassbender énergique en père torturé.

[rating=3]

Avec À ceux qui nous ont offensés, Adam Smith ne réalise pas un polar social classique british. Ici, il nous plonge chez les Cutler, des marginaux à l’accent bien prononcé vivant en retrait de la société par choix et selon leur propres règles et pour survivre dans leurs roulottes, ils pillent les maisons de riches bourgeois. La famille est au centre de cette communauté et la lignée du sang prime sur tout. Chad Cutler (Michael Fassbender) a été élevé sous la forte autorité de son père Colby (Brendan Gleeson), à coup de cambriolages, courses-poursuite et soirées autour du feu entre les chiens errants. Chad a assez donné de sa personne pour servir son père et souhaite désormais s’en détacher afin de vivre de manière décente avec sa femme et ses deux enfants. L’éloignement ne passe pas du côté du père, la confrontation se fera donc dans la violence…

Si le film a des allures de film de casse aux premiers abors, il est avant tout social. Mélangeant les thématiques sociétales (religion, éducation, scolarité), le drame présenté par Adam Smith se focalise surtout sur la relation père / fils et délaisse assez rapidement le côté communauté qui prévalait en début de métrage. Quelques courses-poursuites d’une grande maîtrise donnent une énergie au film, mais le spectateur rentre vite dans un état de contemplation des faits qui se succèdent. L’empathie pour ces personnages est difficile, d’autant plus qu’on ne sait pas grand chose d’eux.

A ceux qui nous offensés fonctionne plus par son atmosphère que sur son scénario qu’on voit arriver de loin. Mais si le film n’est jamais ennuyant, c’est bien grâce aux performances des deux têtes brûlées que sont le père et son fil, incarnés par Brendan Gleeson et Michael Fassbender. Le premier, dans son penchant maléfique séduit et arrive à insuffler une tension. Le second, porte le film sur ses épaules grâce à son rôle de parent tourmenté. Il est tout en physique et donne de son corps et de ses grimaces, comme à son habitude. En somme, un drame familial sans grande surprise mais à l’immersion réussie.

 

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