A l'affiche
« A Ciambra », une poignante immersion dans une famille de Roms [Cannes 2017, Quinzaine]

« A Ciambra », une poignante immersion dans une famille de Roms [Cannes 2017, Quinzaine]

19 mai 2017 | PAR Hugo Saadi

Jonas Carpignano s’immisce au plus près de la communauté rom dans A Ciambra, un beau film qui flirte avec le documentaire et bouleverse par son humanisme et sa justesse d’interprétations.

[rating=4]

Le réalisateur italien fait la mise au point de sa caméra sur Pio, un jeune garçon de 14 ans qui suit à la trace son grand frère Cosimo : il fume, boit et vole pour permettre à sa famille de survivre. Lorsque Cosimo se retrouve en prison, il se retrouve contraint de prendre la relève pour devenir l’homme de la maison. Il apprend alors sur le tas les différentes combines pour voler des voitures et se met au vol à l’étalage pour revendre les biens. Un rôle qui va rapidement prendre un poids important et le confronter à un dilemme qui ne sera pas sans conséquences.

Jonas Carpignano réussit une plongée insolite et poignante dans la communauté rom de l’Italie. Frôlant le film documentaire (tout les acteurs amateurs jouent leur propre rôle), il propose aux spectateurs des moments de vie émouvants et surprenants comme ces scènes en famille lors des dîners, ou au moment des vols de voiture, où la tension monte d’un cran. Ce travail d’immersion de la part du réalisateur italien se ressent pleinement et en fait la grande force de A Ciambra. Il met également l’accent sur les autres minorités visées au pays à la botte, à savoir les immigrés africains qui logent dans des campements de fortune et qui sont livrés au même destin que les roms.

Le long-métrage se dote d’une charge émotionnelle dans son dernier tiers, avec ce dilemme pour Pio qui se traduit par une scène finale émouvante. Si celle-ci est si touchante, c’est grâce à la formidable interprétation de Pio Amato, qui crève l’écran pendant toute la durée du film. Il en est de même pour le reste de la famille, qui oublie la caméra et véhicule un naturel agréable au visionnage du film.

« A Ciambra« , un film de Jonas Carpignano, avec Pio Amato, Koudous Seihon, Iolanda Amata. 2h. Sortie prochainement au cinéma.

visuels © Haut et Court

FESTIVAL DE CANNES 2017 « Women in Motion » Talk avec Robin Wright (VF)
« Un beau soleil intérieur », drame amoureux qui piétine trop vite [Cannes 2017, Quinzaine]
Hugo Saadi

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *