A l'affiche

Le Brio d’Yvan Attal, la bonne surprise

Le Brio d’Yvan Attal, la bonne surprise

04 décembre 2017 | PAR David Rofé-Sarfati

Après les demi succès de « Do not disturb » et « Ils sont partout », Yvan Attal s’empare d’un sujet   moins personnel, plus léger et populaire. Et il gagne son pari. 

 

Une formule à la « Bienvenue chez les Chtis »

Salah a grandi à Créteil. Jeune femme brillante, elle rêve de devenir avocate. Inscrite à l’Université d’Assas, dans les beaux quartiers parisiens, elle suit les cours de Pierre Mazard, professeur reconnu, mais provocateur. Pour se racheter une conduite, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. Portée par ce mentor à la fois tyrannique et bienveillant, Neïla plonge dans l’univers des joutes verbales, de la rhétorique et de l’excellence. Et la rencontre de deux mondes caricaturés amorce les effets comiques.

Un film beau et intelligent.

Ce nouveau film est un vrai délice, souvent drôle, optimiste et en même temps ne renonçant à la rude réalité. Daniel Auteuil est parfait, il n’a jamais été aussi pluriel et percutant; nous rêvons d’être son élève. Camélia Jordana dans un jeu très dense défend un personnage tiraillé entre la tradition, le communautarisme et l’ambition, entre la fascination et la défiance pour son professeur, pour la France. Jusqu’aux seconds rôles, le casting est parfait. Yasin Houicha, Nozha Khouadra, Nicolas Vaude, Jean Baptiste Lafarge ou Philippe Houilliez affrontent l’intrigue et son ambiguïté sans  défaillir. Le film décroche des habituelles comédies de genre à la française par sa pensée, par la rencontre du cinéma et de la littérature, et probablement par une nouvelle maturité du réalisateur. L’utilisation des préceptes de l’Art d’avoir raison de Schopenhauer et la fin où sans complaisance la désormais avocate cède un temps au communautarisme et où le professeur quant à lui cède au goût pour les insultes de banlieues refusent au spectateur, et c’est tant mieux, une issue optimiste et niaise. 

Le Brio de Yvan ATTAL avec Daniel Auteuil, Camélia Jordana, Yasin Houicha, Nozha Khouadra, Nicolas Vaude
Les Trois brigands, à l’italienne, au Lucernaire
Japonismes 2018, les âmes en résonance
David Rofé-Sarfati
David Rofé-Sarfati est Psychanalyste, membre praticien d'Espace Analytique. Il se passionne pour le théâtre et anime un collectif de psychanalystes autour de l'art dramatique www.LautreScene.org. Il est membre de l'APCTMD, association de la Critique, collège Théâtre.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *