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Bilan Box-Office: les tops et les flops de l’été 2013

Bilan Box-Office: les tops et les flops de l’été 2013

30 août 2013 | PAR Gilles Herail

Devant l’avalanche de productions à très gros budgets, les spectateurs français se sont quelque peu dispersés durant cet été cinématographique de qualité assez moyenne il faut le dire. En privilégiant parfois l’originalité aux formules toutes faites. Petit bilan box-office d’un été surprenant.

despicableCommençons par les succès attendus qui ont confirmé. Et ils ne sont pas nombreux. Moi, moche et méchant 2 a su surfer sur la vague de sympathie incroyable du premier opus et finira sa carrière autour des 4,5 millions d’entrées, plus gros succès de l’année pour le moment. Wolverine et Percy Jackson 2 font le travail en assurant entre 1,5 et 2 millions d’entrées, sans pour autant impressionner. Deux films américains ont réussi à surprendre et à déjouer des pronostics défavorables. World War Z est le succès surprise de l’été avec 2,5 millions de billets vendus pour un film d’horreur apocalyptique avec des zombies mais surtout Mr Pitt qui fait toujours son effet en France. Le deuxième bon élève est réalisé par un français, Louis Leterrier qui aligne les films pop corn avec un certain savoir-faire. Son très sympathique Insaisissables est bien parti pour approcher les 3 millions d’entrées, avec un casting sans stars et un budget très restreint.

insaisissables

En dehors de ces locomotives, tout le monde a quelque peu ramé dans un été difficile pour les salles obscures. Beaucoup de très gros films qui visaient les 2 ou 3 millions d’entrées ont eu bien du mal à atteindre leur premier million. Lone Ranger et Pacific Rim, tous les deux budgétés à plus de 200 millions de dollars ont très fortement déçu. Monstres Academy rame sévèrement pour atteindre les deux millions d’entrées alors que l’on en espérait 3 de plus. Suivant l’exemple américain, R.I.P.D, ersatz de Men in Black qui n’a éveillé la curiosité de personne est le plus gros crash de l’été avec 300 000 entrées. Même les Schtroumpfs dont le sympathique premier volet avait connu un succès surprise fera moins bien que le premier (après un bide monumental au box-office américain). L’été français n’a pas épargné les déceptions mais beaucoup de blockbusters ont sauvé les meubles contrairement à la situation au box-office américain où la multiplication des films à très gros budgets (plus de 150 millions) chaque semaine a provoqué une véritable remise en question (Lone Ranger va faire perdre beaucoup d »argent à Disney).

L’été a (presque) toujours été réservé aux américains, les films français craignant une période qui leur est défavorable. 2013 aura battu les records de non-visibilité totale du cinéma hexagonal avec un enchainement phénoménal de bides en tout genre. Pas de jaloux puisqu’aucun film de chez nous n’a obtenu le succès excepté François Ozon dont le Jeune et Jolie a connu un démarrage remarquable. Dans l’ordre décroissant des budgets et de l’intensité du bide, nous appelons Les Reines du Ring et Le Grand Méchant Loup (plus de 10 millions d’euros et 300 000 entrées). Le double film Marius/Fanny cumulera 600 000 entrées pour un budget de 15 millions d’euros. Nos deux dessins animés, Oggy et Aya de Yopougon sombrent avec 100 000 entrées. Barre que n’atteindra même pas Le Jour attendra, Landes. Une seule surprise qui représente bien une tendance actuelle du cinéma français, le quasi succès de Paris à tout Prix, comédie jouant sur les questions communautaires et qui sauve les meubles avec un objectif de 600 000 entrées à la fin de l’été. Chapeau bas à Reem Kherici et à une campagne de promotion intelligente.

Chaque année, à la fin de l’été, le catastrophisme sonne concernant l’état de santé du cinéma français. Et pourtant, à part de rares exceptions, la situation est la même depuis des années. Notamment car le système de promotion TV/Radio est inexistant au moment où la France des médias prend ses vacances, ce qui empêche les films français de surnager face aux américains et leurs propositions simples mais efficaces. Cependant, l’été est aussi la seule période de l’année où les films ont encore le temps de s’installer. On se souvient du Premier jour du reste de ta vie, Nos Jours Heureux, La Tourneuse de Page, Neuilly sa Mere… Des petits films qui commencent tranquillement et se maintiennent à flot. Cette année, Frances Ha, comédie dramatique NewYorkaise pleine de charme et de fantaisie a commencé très bas sur une toute petite combinaison de salles, et s’est maintenue tout l’été pour multiplier par 4 sa première semaine et approcher 250 000 entrées en fin de carrière. Soit autant que R.I.P.D. Un petit succès d’échelle pas désagréable.

Gilles Hérail

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Gilles Herail

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