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Best-of ciné 2016 : Les meilleurs films américains de l’année 2016

Best-of ciné 2016 : Les meilleurs films américains de l’année 2016

21 décembre 2016 | PAR Gilles Herail

Le cinéma hollywoodien ne connait pas la crise et le public français a une nouvelle fois plébiscité les productions américaines en 2016. Des blockbusters aux œuvres d’auteur en passant par les feel-good, les films de genre ou les dessins-animés, les journalistes ciné de Toutelaculture vous proposent leur top 5 des meilleurs longs-métrages américains de l’année (sans classement).

films-americains

Gilles

Creed: Stallone renouvelle la saga tout en conservant son charme nostalgique et ses bonnes valeurs. Un divertissement attachant, entre mélodrame social et film de boxe, qui confirme tout le bien que l’on pense de son acteur principal Michael B.Jordan

Anomalisa : Charlie Kaufman et Duke Johnson nous offrent un voyage existentiel intime délicieusement étrange, qui baigne dans un univers onirique aussi drôle qu’inquiétant, perdant le spectateur entre rêve et réalité.

Demolition: Jean-Marc Vallée parle du deuil avec liberté, profondeur et drôlerie. Offrant un rôle magnifique à Jack Gyllenhaal, habité, qui résonne parfaitement avec le cinéma existentiel du cinéaste québécois.

Zootopie: Disney laisse de côté ses fades princesses pour proposer un divertissement très réussi au sous-texte politique revendiqué. Du cinéma familial intelligent, étonnamment conscientisé, qui fait un bien fou.

Le teckel : Todd Solondz signe un film à sketchs drôle, désespéré et féroce sur les faux-semblants et la solitude de la société américaine, avec une vraie singularité de ton.

Olivia

Manchester by the sea de Kenneth Lonergan: un mélodrame rare, qui donne à la peine le temps de s’incarner. Casey Affleck et Michelle Williams jouent l’une des plus belles scènes vues depuis longtemps.

Certain women de Kelly Reichardt: présenté au Festival du film américain de Deauville, le nouveau film de Kelly Reichardt (Old joy, Night moves)a toutes les peines du monde à trouver un distributeur (malgré Kristen Stewart, Michelle Williams, Laura Dern au casting). Pourtant, il est splendide, d’une belle humanité.

Brooklyn Village d’Ira Sachs: le vainqueur de Deauville a un charme fou.

Géraldine

Manchester By The Sea, de Kenneth Lonergan : vu il y a peu, il restera comme un des grands films de l’année 2016 pour moi. Comment toucher la corde sensible en évitant tout pathos et toute mièvrerie, autour d’un personnage condamné par un drame personnel inexpiable. Un magnifique Casey Affleck, dans un film qui fait la part belle aux hommes de tous âges.

Premier Contact, de Denis Villeneuve : un choc presque aussi saisissant que l’incontournable E.T. : une réussite dans le genre, qui parvient à éviter l’écueil de la créature monstrueuse et laide pour l’alien, pour mieux se concentrer sur la communication avec l’Autre, dans un jeu spatio-temporel virtuose.

Grégory

Creed de Ryan Coogler: Ou comment poursuivre avec foi et générosité l’une des franchises les plus cultes de l’Histoire du cinéma. Stallone, magnifique, entre définitivement dans la légende. Du grand cinéma, populaire et intelligent, qui ne prend à aucun moment le spectateur pour un imbécile. Chapeau !

Paterson de Jim Jarmusch: Le dernier Jarmusch est sans doute reparti bredouille de Cannes car il n’entre dans aucune catégorie, est inclassable, ne ressemble à aucun autre film. Drôle, tendre, mélancolique et pathétique à la fois, Paterson présente un trio inédit au cinéma: Adam Driver, Golshifteh Farahani – belle à damner les Saints – et un chien qui règne sur eux tel un démiurge ! L’irrésistible Marvin a, lui, (en fait, c’est une femelle: Nellie) reçu la Palm Dog au dernier Festival de Cannes. Ouf, l’honneur est sauf ! Beau comme un haïku, Paterson est le meilleur Jarmusch depuis des années !

Midnight Special de Jeff Nichols: Un film en forme d’hommage au cinéma de science-fiction de John Carpenter et Steven Spielberg. Midnight Special en a désarçonné plus d’un mais cette œuvre fine, brillamment mise en scène, pourrait bien s’imposer à l’avenir comme l’un des grands films des années 2010.

Kubo et l’armure magique de Travis Knight: Kubo est la preuve qu’on peut faire du cinéma d’animation à la fois épique, spectaculaire, inventif – d’une grande beauté formelle – tout en offrant un script intelligent, traitant de sujets graves et profonds. Futur classique !

Anomalisa de Charlie Kaufman et Duke Johnson. Sans doute l’un des films américains les plus humains et singuliers de l’année. Triste, mélancolique, drôle, profond, plastiquement abouti: une merveille sur tous les tableaux !

Geoffrey

Captain Fantastic de Matt Ross. Et pas d’autres titres. Ce parcours d’un père retiré au cœur de la vie sauvage avec ses enfants n’est pas seulement brillant sur le plan technique : iI traverse aussi des thématiques essentielles, de façon ouverte. On remercie le cinéaste Matt Ross, et la star Viggo Mortensen également pour son investissement sur ce projet, au sein duquel les acteurs qui l’entourent font aussi merveille. Le troisième chapitre d’une odyssée intérieure, en quelque sorte, pour lui, après Jauja (lire ici) et Loin des hommes (lire ici)… Le film américain le plus cohérent de 2016, peut-être.

Joanna 

Danish Girl : Le réalisateur britannique Tom Hooper signe un très beau film, sensible et poétique adapté de l’histoire du premier transsexuel opéré de l’Histoire, l’artiste Danoise Lili Elbe. Littéralement porté par l’incroyable justesse du couple Alicia Vikander/Eddie Redmayne, qui restitue brillamment le réalisme des tourments émotionnels que traversent les jeunes époux, à fleur de peau, le film baigne aussi dans une photographie picturale remarquable imprégnée des tons à la fois chauds et froids de la peinture des Wegener, la tourbe mélancolique, le port de Copenhague. Les superbes thèmes d’Alexandre Desplat ajoutent une résonance plus profonde à la sensibilité du film et sa poésie. Tragique, l’angle choisi par Hooper, fidèle à l’histoire d’origine, explore le sujet de la transsexualité comme une réflexion sur l’être mais surtout sur l’amour et son rôle élévateur. Rare, essentiel, du très bon cinéma. 

Creed : S’il fallait une suite à Rocky, c’est bien celle-ci. Actualisant les paramètres du scénario et du contexte originel de la trilogie, Ryan Coogler offre une suite humble et pertinente à l’histoire du célèbre boxeur qu’on a plaisir à retrouver en un Stallone vieilli, mais immuable. Bien que classique, l’intrigue ne dénature en rien l’esprit bienveillant de la saga, tout y est : le culte, la bonhomie, l’humour et la passion. Digne, sans épanchements inutiles ni gros marketing, fidèle à l’oeuvre de John G. Avildsen, un bon spin-off est toujours appréciable en ces temps de reboots excessifs. 

Hugo

The Revenant. Dans la nouvelle super-production signée Alejandro Gonzales Inarritu, DiCaprio atteint le sommet pour donner lieu à un chef d’œuvre glacial. Une séance qui coupe le souffle et ne laisse pas indemne.

The Hateful Eight. Quentin Tarantino continue d’utiliser sa recette magique : des situations tendues, un casting 5 étoiles et surtout de longues discussions qui font monter la température. Sans oublier l’hémoglobine qui coule à flot, évidemment.

Captain Fantastic. C’est la perle du cinéma indépendant de 2016. Un mélange entre Little Miss Sunshine et Into The Wild avec Viggo Mortensen en lead, le film nous prend aux tripes et on se laisse bercer par cette famille déjantée qu’on rêverait de rejoindre le temps d’un week-end.

Tu ne tueras point. Mel Gibson soigne sa réalisation et propose un film puissant avec en toile de fond un propos religieux jamais trop grossier. L’américain prend ses distances et livre un métrage où la croyance est plus forte que tout, sans négliger des scènes de guerre d’une violence qu’on a rarement vu ces dernières années. N’oublions pas de mentionner également la superbe performance de Andrew Garfield, saisissant.

Comancheria. La petite surprise venue de l’Amérique profonde. Ce neo western nous embarque aux côtés de deux frères prêts à braquer n’importe quelle banque pour parvenir à récolter la somme nécessaire pour s’en sortir. C’était sans compter la hargne du shérif du coin interprété par un Jeff Bridges qui impose le respect.

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Gilles Herail

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