A l'affiche
« Apocalypse Notes », la dystopie d’aujourd’hui de Pierre Gaffié

« Apocalypse Notes », la dystopie d’aujourd’hui de Pierre Gaffié

23 septembre 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le dernier film de Pierre Gaffié est un court-métrage très efficace de huit minutes qui vient taper en rythme sur une idée folle : et si la musique disparaissait ?

« Toutes les mélodies ont été créées »

Ironie du sort, le film tourne en ce moment dans les festivals. Il sera d’ailleurs au Festival du Film court de l’Isle-Adam du 24 au 26 septembre. Et au même moment se tient à Strasbourg l’iconique Musica, dédié normalement aux musiques contemporaines. Mais voilà, dans la vraie vie, Stéphane Roth, le directeur de Musica, a le même problème que les héros du film de Pierre Gaffié. Il nous disait ceci en interview, il y a peu : « Les archives sonores du monde entier sont pleines à craquer. »

C’est donc une histoire vraie si on la prend comme ça. Oui, tout a été fait avec les sept notes de la gamme. Et alors ? Eh bien, dans la fiction, c’est le drame.

« Deux mois pour la fin de la musique »

Apocalypse Notes se passe aujourd’hui, à Paris, mais tout semble nous dire que dans un futur proche, cette folie pourrait avoir lieu. Jeanne (Maryline Fontaine), étudiante en art et Thomas (Stanislas Roquette), guitariste, sont amoureux et bien dans leur trentaine. On les retrouve dans un café comme il y en a tant dans la capitale, autour d’un verre de vin rouge. Thomas est affolé. La caméra nous bascule à l’aide d’un flash-back dans le bureau de la Société des Auteurs où le musicien découvre que la musique est épuisée. Tout a été fait, à 1 % prés.

Essentiel

Alors évidement, le court résonne en miroir avec la façon dont la culture a été considérée pendant l’épidémie de Covid : non essentielle. S’ensuit une discussion irréelle entre les deux tourtereaux sur la musique utile, celle qu’il faudrait se retenir d’écrire. La musique est aussi une allégorie du monde qui s’effondre, tout comme la planète, les bandes-sons s’épuisent…

Mais comment consommer mieux en matière d’oreilles ? Comment savoir que telle mélodie sera éternelle ? Et l’amour dans tout ça ? C’est peut-être lui qui sauvera la création du silence !

Heureusement, pour le moment, c’est une fiction que vous pourrez voir dans les festivals de courts-métrages. 

 

 

 

 

Visuel : affiche

Un concert à portée symbolique pour inaugurer la saison de l’Opéra de Paris
Illusions perdues à la Bastille : le Balzac épuré et féroce de Pauline Bayle
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture