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[Critique] « Antiviral », un film déroutant et sans saveur

[Critique] « Antiviral », un film déroutant et sans saveur

15 février 2013 | PAR Hugo Saadi

Brandon Cronenberg, fils du réalisateur de Scanners, La Mouche et plus récemment Cosmopolis, réalise son premier long métrage Antiviral. Flirtant avec l’OFNI (objet filmique non identifié) Brandon reste dans les pas de son père en livrant un film à contre courant. Même si le film a été sélectionné par la prestigieuse section « Un certain regard » au dernier festival de Cannes.et qu’il n’ennuie pas, il  peine à passionner le spectateur qui se sent mis de côté.

Antiviral nous transpose dans une société où les fans n’ont plus aucune limite avec leurs idoles et sont prêts à payer pour une injection du dernier virus (herpès, rhume …) de leur star préférée. Syd March (Caleb Landry Jones), commercial dans une clinique spécialisée, doit pour son propre marché noir, faire sortir illégalement ces virus. Seul moyen possible : se les inoculer lui même. A la mort de la star Hannah Geist (Sarah Gadon), Syd est le seul détenteur du virus mortel et devient une cible pour les trafiquants.

Une dizaine de minutes est nécessaire pour adopter la vision de cette société qui nous semble impensable : se rendre malade par idolâtrie et pur plaisir. Brandon Cronenberg fait le pari du mystérieux en ne développant pas la facette psychologique des personnages. Il en résulte un manque total d’empathie de la part du spectateur. Aucune émotion ne se dégage et la réalisation plutôt froide n’aide pas. L’esthétique du film parvient malgré tout à séduire : prédominance du blanc dans les décors et une présence importante d’un sang épais. La bonne prestation de Caleb Landry Jones rythme l’histoire : une décomposition jour après jour de son état de santé parfaitement retransmise à l’écran. Quant à la dimension politique et morale, celle-ci est complètement absente, renforçant une mise en perspective impossible pour le spectateur.

Le film va bénéficier de l’estampille Cronenberg mais à l’inverse de la fille Lynch, Jennifer Chambers et de son Surveillance, Antiviral déçoit mais demeure quand même une expérience cinématographique mineure.

Hugo SAADI

« Antiviral », film de Brandon Cronenberg avec Caleb Landry Jones, Sarag Gadon et Malcolm McDowell, Canada, 1h44. Sortie le 13 février 2013

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