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A la découverte du cinéma de Doris Wishman au Festival du Film de Fesses

A la découverte du cinéma de Doris Wishman au Festival du Film de Fesses

01 juillet 2017 | PAR Yaël Hirsch

Après avoir fait salle comble  pour l’avant-première de Marion de HPG en ouverture, ce jeudi 29 juin 2017, la quatrième édition du Festival du Film de Fesses nous invitait à découvrir ou redécouvrir le cinéma de la réalisatrice américaine, Doris Wishman (1912-2002) dans le cadre du cycle « Viva la Vulva ». A travers deux œuvres des années 1960, c’est un univers de nu pin-up,drôle et indépendant qui nous a été dévoilé. 

Après avoir filmé du nu à la fin des années 1950, à la mort de son mari, la réalisatrice américaine, Doris Wishman devient l’une des figures de proue de la « sexploitation », ce cinéma indépendant qui « exploite »  le nu et le sexe suggéré pour faire vendre. Avec l’irrésistible Gigi Darlène en bimbo blonde irrésistible en héroïne trop sexy pour ne pas être mauvaise, Bad girls do to hell (1962) prend la forme d’un polar rétro en noir et blanc où une ravissante blonde de Chicago cherche une chambre à louer. Mais elle ne cesse de se faire agresser par des hommes patibulaires à qui elle fait perdre la tête. En soutien-gorge de pin-up, avec la vraie culotte qui lui glisse sur les jambes, elle n’a pas du tout envie de se faire violer et l’agression se finit en général par le trépas du fâcheux, arrêté dans l’acte par un  vase, une statuette ou tout autre objet que la belle blonde peut attraper.  Du coup, la police la recherche et elle est d’autant plus sexy qu’elle est aux abois… On aperçoit à peine les cuisses et le bout d’un téton dans ce film où les voix doublent l’image comme dans un muet remasterisé. ET pourtant, l’héroïne est bien sexy et tout un tas d’idées nous sont suggérées y compris des fantasmes pas très politiquement corrects de viol. Mais « les mauvaises filles vont en enfer », Doris Wishman joue avec expression sur la frontière ténue entre le fantasme et la réalité … et la morale est donc bien sûr sauvée…

Dans la même veine, et avec la même maîtrise du film des corps, Doris Whishman interroge sur le mode du bestiaire les désirs les moins avouables d’une jeune femme qui s’éprend d’un amant obsessionnel et érotomane dans Indecent Desires (1968). La liberté du ton, le jeu sexy avec le nu, la maestria dans la mise en scène de la violence rêvée, souhaitée et crainte, joue sur le plaisir et la terreur du spectacteur avec une actualité étonnante et l’on est ravi d’avoir découvert une cinéaste peut-être pas si « série B » que cela grâce au FFF.

Pour approfondir le sujet,  ne ratez pas la reprise de certains grand films dans ce cycle comme Trouble every day de Claire Denis, en clôture du Festival et ben sûr la nuit « Viva la vulva »,  où vous découvrirez des pépites, ce samedi premier juillet, à partir de 22 h au Champollion.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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