Cinema
A Bout Portant : un film d’action brutal et haletant

A Bout Portant : un film d’action brutal et haletant

30 novembre 2010 | PAR Gilles Herail

Fred Cavayé s’est fait connaître avec « Pour Elle », succès critique et public dont le remake américain (« The next three days ») sort en décembre. A bout portant s’inscrit dans la continuité de ce cinéma nerveux en proposant un contre la montre haletant filmé quasiment en temps réel. Une véritable réussite du cinéma d’action français dont voici la critique.

Comme dans Pour Elle, le scénario entraîne un homme ordinaire dans une situation qui le dépasse et va libérer en lui son instinct le plus animal. Pour récupérer sa femme enceinte kidnappée, un jeune aide soignant est obligé d’aider un criminel blessé, et se retrouve impliqué dans une affaire de corruption et de guerre des polices. Cavayé revient à l’essence du cinéma d’action avec une mise en scène épurée, réaliste, inscrivant les protagonistes dans un espace urbain familier voire banal. Scène centrale dans la construction du scénario, la séquence de poursuite dans le métro est à ce titre bluffante. On pense à un autre thriller français, Ne le dis à personne, où François Cluzet poursuivi par la police devait traverser le périphérique à pied. Fred Cavayé a beaucoup travaillé l’atmosphère en jouant sur la lumière stylisée et la musique très efficace mais le plus bel atout d ‘A bout portant est sans conteste son rythme. Évitant les effets de style inutiles, Fred Cavayé se concentre sur un montage sec et nerveux pour insuffler une énergie sans pause du début à la fin. Sans aucun répit, le spectateur est plongé dans cet enchainement d’action qui prend aux tripes jusqu’à un dénouement éclair.

Si Gérard Lanvin reprend son éternel rôle de macho bourru sans foi ni loi, Gilles Lelouche est la révélation du film en tenant quasiment chaque plan sur ses épaules. Avec un rôle extrêmement physique, il incarne parfaitement ce monsieur tout le monde immergé dans une histoire qu’il ne comprend pas et soumis à une tension permanente.  Sa transformation au cours du film et la puissance qu’il dégage sont surprenantes. Le « couple » qu’il forme avec Roschdy Zem (toujours parfait) contribue grandement à la réussite du film. Toujours alerte, en crescendo jusqu’aux dernières minutes, A bout portant installe une tension permanente pendant 1h25. On en ressort lessivé, éprouvé, et ravi. L’intrigue policière est volontairement laissée de côté: car l’enjeu principal n’est pas là. A bout pourtant se situe plus dans l’émotion viscérale, l’instinct primitif de survie et de protection de l’être aimé. On est donc bien dans du pur cinéma d’action et pas vraiment dans l’univers du polar.  A bout portant est un exercice de style parfaitement maitrisé qui séduira les amateurs  du genre, sans effets numériques ou effets pyrotechniques inutiles. Du grand art!

Gilles Hérail

A bout portant, un film d’action de Fred Cavayé avec Gilles Lellouche, Gérard Lanvin et Roschdy Zem. Sortie en salle le 1er décembre. 1h25

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