Cinema
75e Festival de Cannes : le jury de la Compétition présidé par Vincent Lindon

75e Festival de Cannes : le jury de la Compétition présidé par Vincent Lindon

26 avril 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Plus tardivement que lors des éditions de ces dernières années, le Festival de Cannes a dévoilé le Président de son jury chargé de décerner la Palme d’or en 2022, et les huit autres personnes qui vont l’entourer.

La soixante-quinzième édition du Festival de Cannes se précise : son affiche est désormais complétée par la programmation, dans le cadre d’Un certain regard et en tant que film d’Ouverture de cette dernière section, de Tirailleurs, co-produit et interprété par Omar Sy, réalisé par Mathieu Vadepied et consacré aux héros sénégalais de la Première Guerre mondiale. Le long-métrage réalisé par Jasmine Trinca Marcel !, histoire d’une jeune femme se battant avec un chien pour obtenir toute l’affection de sa mère, a également rejoint le programme : il sera montré Hors Compétition dans le cadre d’une séance spéciale.

Une question restait en suspens : qui sera le Président du jury chargé de décerner la Palme d’or en cette année 2022 ? On sait à présent qu’il s’agit de l’acteur français Vincent Lindon. Le Festival a donc fait le choix, comme en 2018 avec Cate Blanchett, de convoquer un interprète et non un réalisateur pour présider ce jury à la mission ardue : l’équipe de la manifestation rappelle également au passage que ce sont en grande partie les éditions-anniversaires qui ont pu connaître un Président ou une Présidente du jury français(e), telle Isabelle Adjani en 1997, pour la cinquantième année. On se rappellera d’autre part, qu’au cours de ces dernières années, Vincent Lindon a su offrir de très grandes prestations, au sein de films présentés en Compétition à Cannes : il fut littéralement habité et incandescent dans la peau de Rodin – même si l’ajout des sous-titres fut au final très bénéfique au film, en salles – et particulièrement puissant et vrai dans son interprétation de Laurent Amédéo dans En guerre de Stéphane Brizé, dont la projection fut couronnée par vingt minutes d’applaudissements.

Autour de lui figurent donc au final le réalisateur norvégien Joachim Trier, particulièrement prisé par les cinéphiles, le réalisateur américain Jeff Nichols, qui a su convaincre « grand public » comme amateurs de productions ultra pointues au bout du compte, le réalisateur iranien Asghar Farhadi, applaudi par beaucoup de monde pour quasiment chacune de ses œuvres – sauf son film « international » Everybody knows – ou le réalisateur français Ladj Ly, signataire des Misérables et présent cette année malgré des démêlés financiers, qui n’ont cependant pas débouché sur une condamnation en justice.

Un jury où s’illustrent aussi quatre actrices : la suédoise Noomi Rapace, alias Lisbeth Salander dans les premières adaptations du cycle de romans Millenium en films, l’anglo-américaine Rebecca Hall, remarquée dans Vicky Cristina Barcelona ou My Wonder Women et également aux commandes de Clair-obscur, film sorti sur Netflix en France, l’indienne Deepika Padukone, très active dans les productions de Bollywood, et l’italienne Jasmine Trinca, très remarquée dans La Chambre du fils puis dans Fortunata ou Euforia.

L’an dernier, à l’issue de l’édition 2021, Vincent Lindon concluait l’ultime plan du film palmé, Titane, en tenant un minuscule être d’un nouveau genre, hybride, dans ses bras : on souhaite que la Palme d’or que remettra le jury qu’il préside, lors de la cérémonie de clôture du 28 mai – retransmise par France Télévisions et Brut – soit de la même trempe. Tout en pouvant parfaitement aussi se révéler, en même temps, assez politique ou engagée.

Le Festival de Cannes 2022 s’ouvrira le 17 mai avec la projection du nouveau film de Michel Hazanavicius, un remake de film de zombies japonais à succès, qui a changé de titre et s’appelle désormais Coupez !

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Visuel : Vincent Lindon dans En guerre © Nord Ouest Films

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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