Cinema
15èmes Journées cinématographiques dionysiennes : journée Jeunes cinéastes et actrices françaises

15èmes Journées cinématographiques dionysiennes : journée Jeunes cinéastes et actrices françaises

08 février 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Un après-midi avec quelques réalisatrices ayant su imposer un ton dès leur premier film. Et avec un homme qui aime filmer les femmes, et une actrice. Que doivent nous suggérer leurs peintures inattendues de figures féminines ?

Jeunes cineastes francaises 2Aujourd’hui, à L’Ecran de Saint-Denis, Lucie Borleteau et Virgil Vernier sont là. Leurs courts-métrages aussi. Avant Fidelio, l’Odyssée d’Alice, succès critique (voir la nôtre ici), Lucie Borleteau a signé un beau film court : La Grève des ventres. Ou comment des filles lancent une idée : le refus de faire des enfants. Parce que c’est la crise, parce qu’elles finissent par être cantonnées à un rôle unique… Notre réalisatrice y joue également le personnage principal. Celui d’une femme militante. Convaincue. Amenée, cependant, à évoluer. Ce film tranché, mais juste et ouvert, superbement filmé, fait du bien.

Après les courts de Virgil Vernier (déroutant mais pas que), Sophie Letourneur (sa première réalisation, pas aboutie mais pas que), et Clarisse Hahn, qui livre un film documentaire pertinent sur les Desnudos, expropriés mexicains manifestant nus, place à la discussion, modérée par Catherine Bizern. Sarah Adler, qui a démarré dans un film tardif de Jean-Luc Godard, est également de la partie, ainsi que Catherine Millet. Cette dernière avance : « lorsque Catherine Breillat faisait des films, elle livrait des choses uniques, un homme n’aurait jamais fait pareil ». Elle n’avait « pas de modèles ». Or aujourd’hui, selon Catherine Millet, « nous sommes dans un autre âge que celui de la revendication purement féministe ». On cherche davantage à mettre en lumière les différences.

Pour Lucie Borleteau, « il y a eu des réactions bêtes, à la lecture du scénario [de Fidelio], car une telle représentation pouvait troubler ». « Dans mes pairs et dans leurs regards, certaines représentations de la femme n’ont pas changé ». Elle parle aussi de ses choix d’interprètes, et de celles qu’on lui avait conseillées, pour le rôle d’Alice, mécanicienne sur un cargo. Des « pas belles », alors qu’Ariane Labed, choisie au final, a un physique qui suggère plus qu’il ne montre. Et Sarah Adler, bientôt visible dans Self-made, de déplorer l’accent mis sur le physique des actrices, encore très présent. Et les clichés qui l’accompagnent. « Le glamour persiste », renchérit Virgil Vernier. « Lena Dunham, dans la série Girls, a fait quelque chose de très fort au niveau féministe », en mettant en scène une jeune fille enrobée, mais tout de même attirante, filmée sous toutes les coutures.

Pour Virgil Vernier, dans les films comme dans la vie, « on a l’impression qu’aujourd’hui, les femmes ne veulent juste plus être enfermées dans un rôle ». Pour Lucie Borleteau, « on peut tout vouloir, après il faut juste assumer les problèmes que ça pose ». Les Journées de L’Ecran nous emmèneraient-elles, en douceur, vers ces deux paradigmes ? Pour répondre à cette question, rendez-vous à Saint-Denis. Le festival dure jusqu’au 10 février.

Pour lire notre couverture des 15èmes Journées cinématographiques dionysiennes, cliquez ici.

Visuel : de droite à gauche : Virgil Vernier, Sarah Adler, Catherine Bizern, Lucie Borleteau, Catherine Millet © Geoffrey Nabavian

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : geoffrey.nabavian[email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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