Cinema
« 12 jours », documentaire plein de force et de travail [Cannes 2017, Hors Compétition]

« 12 jours », documentaire plein de force et de travail [Cannes 2017, Hors Compétition]

29 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Avec toujours une simplicité extrême, Raymond Depardon s’intéresse aux questions sociales, et suit cette fois patients d’hôpitaux psychiatriques, juges des libertés, psys et avocats, au fil de confrontations passionnantes, superbement humaines.

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Dans les douze jours qui suivent un internement sous contrainte, le patient concerné doit être présenté, selon la loi, à un juge des libertés, qui décide ou non d’ordonner la poursuite de l’hospitalisation et des soins, pour cette personne… Dans ce nouveau documentaire signé par Raymond Depardon et son équipe, les échanges touchant cette question sont captés, une heure et demie durant, par une caméra extrêmement sobre, qui ne juge jamais, ne crée jamais de situations racoleuses, et laisse l’humain s’exprimer. A tel point que naissent, souterrainement, du suspense et de la tension…

Parmi les patients, fragiles sur le plan mental, on a donc face à nous celui qui tient à sa liberté, celle qui veut pouvoir voir sa fille tous les jours, celle qui éprouve des difficultés d’adaptation à son bureau, ceux qui vivent de façon précaire et commencent à laisser poindre de la violence… Tous passionnent. Leur humanité vibre, évidente, terrible, et belle. Face à eux, les juges des libertés, calmes, font acte de compréhension, mais effectuent également leur tâche… L’enjeu des conversations les rend passionnantes : il faut que soit expliquée, de façon bien compréhensible, la nécessité de poursuivre le séjour aux intéressés… Ceux-ci doivent donc avoir, de préférence, un peu de recul sur eux-mêmes et leur situation… Une musique discrète accompagne certaines des séquences. Grâce à son sujet, de grand intérêt, et assez peu connu, et à sa forme, toute en gros plans pudiques, 12 jours s’impose comme un documentaire à voir à tout prix.

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Visuel : © Wild Bunch Distribution

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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